Le Wall Street Journal dresse ce vendredi un constat accablant sur l’état de l’aviation militaire iranienne, révélant l’un des talons d’Achille les plus criants de Téhéran face à l’offensive américano-israélienne : une flotte aérienne vieillissante, maintenue en vie à coups de pièces détachées achetées via des intermédiaires, incapable de rivaliser avec les technologies de pointe déployées par ses adversaires.
L’Iran possède 218 avions de combat contre 278 pour Israël, mais la comparaison s’arrête là. L’arsenal iranien comprend des F-4 et F-5, des appareils datant de l’ère de la guerre du Vietnam mis en service au début des années 1960, ainsi que des Mirage F-1 français, des bombardiers Sukhoi Su-22 soviétiques et des chasseurs russo-chinois achetés dans les années 1990. La quasi-totalité de ces appareils a été acquise avant la chute du Shah en 1979. Certains se sont écrasés lors d’entraînements, d’autres ont été détruits au sol. L’Iran a même acheté en 2023 des Yak-130, des avions d’entraînement russes développés au début des années 1990 dont la vitesse maximale ne dépasse pas la moitié de celle d’un F-35, et l’un d’eux a d’ailleurs été abattu par l’aviation israélienne ces derniers jours.
En face, les États-Unis et Israël déploient des F-35 furtifs, quasi indétectables par les radars, capables de voler à 1960 km/h avec un rayon d’action de 2250 km sans ravitaillement et une capacité d’emport de bombes de 1,8 tonne. Ces appareils ont mené des milliers de frappes depuis le début du conflit samedi, prenant le contrôle du ciel au-dessus de plusieurs villes iraniennes et contribuant directement à l’élimination du Guide suprême Ali Khamenei et de nombreux commandants militaires.
Faute de pouvoir acheter librement des pièces détachées sur les marchés internationaux en raison des sanctions américaines, l’Iran est contraint de passer par des intermédiaires qui pratiquent des commissions exorbitantes, rendant la maintenance de sa flotte aussi coûteuse qu’aléatoire. Le chercheur Farzan Thabet, spécialiste de l’Iran à l’Institut de hautes études internationales de Genève, souligne que Téhéran a tenté de développer ses propres appareils par rétro-ingénierie, sans jamais disposer des moyens financiers ni technologiques suffisants pour y parvenir efficacement, ce qui l’a poussé à miser sur les missiles et les drones comme substituts à une puissance aérienne qu’il ne peut pas se permettre. La guerre de juin dernier avait déjà révélé les limites de cette stratégie.











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