48 heures après avoir créé une tempête médiatique et un tollé doublé d’indignation parmi la communauté marocaine établie à l’étranger ainsi que parmi ceux ayant déjà choisi de venir vivre au Maroc et y investir, le ministre istiqlalien du Commerce et de l’Industrie, Riad Mezzour, a préféré se murer dans le silence au lieu de s’excuser pour ses propos.
Des propos, rappelons-le, sortis de la propre bouche de celui-ci pour clamer son regret de voir des jeunes souhaitant venir travailler au Maroc demander des privilèges à l’administration, des « cadeaux », dira-t-il, ajoutant que dans ce cas, il est préférable qu’ils restent là où ils sont, là-bas. Une phrase malheureuse qu’aucun autre responsable gouvernemental ne songerait à prononcer, en raison du rôle central que joue cette communauté dans l’économie du pays grâce à ses transferts annuels, dont une partie est orientée vers des investissements au profit de leurs jeunes enfants, filles et garçons, qu’ils encouragent à venir s’installer au Maroc pour y créer des entreprises et de l’emploi ou y faire carrière.
Avant que l’affaire n’atterrisse au Parlement — et elle le sera certainement la semaine prochaine — et avant que cette communauté ne demande au chef du gouvernement de présenter des excuses officielles pour ces propos jugés blessants, d’autres démarches pourraient être engagées. Car le scandale est loin d’être clos et il est probable qu’il laisse des cicatrices durables.
Quant au conseil dédié à cette communauté, le CCME, il n’y a malheureusement rien à attendre d’une structure coûteuse dont la seule mission semble être d’organiser des séjours dans des hôtels cinq étoiles et de financer des voyages pour ses membres, pour au final publier des comptes rendus de palabres sans lendemain ni études sérieuses.
Demander aux enfants d’immigrés de rester « là-bas » constitue une faute grave qui pourrait avoir un coût politique dont on est encore loin de mesurer la portée et les conséquences.
Par Jalil Nouri










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