Téhéran s’est réveillée dimanche sous un ciel noirci, comme plongée dans un décor de fin du monde. Au lendemain de frappes attribuées aux États-Unis et à Israël, plusieurs installations pétrolières de la capitale iranienne et de sa périphérie ont été touchées, provoquant d’importants incendies, une épaisse fumée et une vive inquiétude parmi les habitants. Selon les autorités iraniennes relayées par l’agence officielle Irna et des dépêches AFP, quatre dépôts pétroliers ainsi qu’un site logistique de produits pétroliers ont été atteints au cours de la nuit.
Dans plusieurs quartiers de la ville, les panaches de fumée ont obscurci l’horizon dès les premières heures de la matinée, donnant à Téhéran une allure spectrale. Des témoins ont évoqué une odeur persistante de brûlé, tandis que des images rapportées sur place montrent des flammes jaillissant même des grilles d’évacuation, du pétrole en feu s’étant infiltré dans certaines canalisations souterraines. L’attaque marque une nouvelle étape dans l’escalade militaire en cours, en ciblant cette fois des infrastructures énergétiques hautement sensibles.
Les conséquences ne se sont pas fait attendre. Le gouverneur de Téhéran, Mohammad Sadegh Motamedian, a annoncé une interruption “temporaire” de la distribution de carburant dans la capitale, en raison des dégâts causés au réseau d’approvisionnement. Il a toutefois assuré que la situation était en voie de rétablissement. De son côté, le dirigeant de la compagnie nationale de distribution des produits pétroliers, Keramat Veyskarami, a affirmé que les incendies étaient désormais sous contrôle, même si les cinq sites visés ont subi des dommages.
Le bilan humain communiqué par les autorités iraniennes fait état de quatre morts, parmi lesquels deux chauffeurs et deux employés. Malgré le choc provoqué par ces frappes, Téhéran tente de rassurer sur ses capacités de résistance. Les responsables du secteur assurent que le pays dispose encore de réserves suffisantes dans d’autres dépôts à travers l’Iran. Mais au-delà de la gestion immédiate de la crise, ces bombardements renforcent la crainte d’un embrasement régional aux conséquences énergétiques, économiques et sécuritaires potentiellement considérables.











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