Selon un article publié aujourd’hui par El País, la guerre qui secoue aujourd’hui l’Iran et l’attitude observée par Rabat et Alger ne peuvent être lues sans les relier au dossier du Sahara. Le quotidien espagnol estime que le silence marocain face aux frappes américaines et israéliennes ne relève ni de l’ambiguïté ni de l’improvisation, mais s’inscrit dans une continuité diplomatique assumée depuis la rupture des relations entre le Maroc et Téhéran en 2018.
Pour le journal espagnol, Rabat considère que l’Iran a franchi depuis longtemps la ligne rouge en étant accusé d’avoir soutenu militairement le Polisario, notamment via des livraisons présumées d’armes et l’implication d’éléments liés au Hezbollah dans les camps de Tindouf. Dans cette logique, l’absence de condamnation marocaine des bombardements visant l’Iran apparaît, selon cette lecture, comme la conséquence directe d’un contentieux stratégique ancien et profond.
El País souligne, à l’inverse, l’embarras algérien. Alger, traditionnellement proche de Téhéran sur plusieurs dossiers régionaux, se montrerait aujourd’hui plus prudente, soucieuse de ne pas compromettre les échanges diplomatiques engagés sous impulsion américaine autour du Sahara, avec une reprise des discussions attendue à Washington en mai. Cette retenue contraste, note le quotidien, avec la fermeté affichée auparavant par le pouvoir algérien contre des offensives similaires.
L’article met aussi en lumière un autre contraste: économique et stratégique. Le Maroc redoute les effets de la guerre sur l’énergie, l’inflation et le tourisme, avec un objectif affiché de 22 millions de visiteurs en 2026, tandis que l’Algérie, exportatrice d’hydrocarbures, peut voir dans la flambée des prix du pétrole et du gaz un avantage conjoncturel. Sur le plan militaire enfin, El País rappelle que le Maroc est devenu, selon les données citées du SIPRI, le premier importateur d’armes en Afrique, devant l’Algérie.
En filigrane, le quotidien espagnol décrit donc une équation simple : face à la guerre, Rabat agit selon ses intérêts stratégiques, tandis qu’Alger semble prisonnière de ses contradictions.



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