Sous la pression de la flambée pétrolière sur les marchés internationaux et de son onde de choc sur les prix à la pompe au Maroc, le gouvernement a décidé de réactiver un dispositif déjà utilisé en période de forte tension énergétique : une aide exceptionnelle au profit des professionnels du transport routier de marchandises et de voyageurs. L’exécutif veut ainsi amortir l’impact de la hausse des hydrocarbures sur le marché intérieur et éviter une nouvelle dégradation du pouvoir d’achat des ménages.
Cette nouvelle opération, calquée sur le mécanisme lancé en mars 2022, vise aussi à préserver la fluidité des chaînes logistiques, l’approvisionnement régulier des marchés et la continuité des services de transport, dans un contexte où la moindre secousse sur le carburant finit rapidement par se répercuter sur les prix des biens et des déplacements. Les professionnels concernés pourront déposer leurs demandes à partir du vendredi 20 mars 2026 sur la plateforme officielle mouakaba.transport.gov.ma, avec un suivi électronique des dossiers selon les catégories concernées.
La mesure intervient après une brusque montée de la tension dans le secteur. Depuis le 16 mars 2026, les prix à la pompe ont fortement augmenté, avec environ 2 dirhams de plus pour le gasoil et 1,44 dirham pour l’essence, selon plusieurs sources concordantes. Une hausse jugée particulièrement lourde par les syndicats, qui redoutent un renchérissement immédiat des coûts logistiques et, à terme, des produits de consommation courante.
Dans ce climat de crispation, les organisations professionnelles ont multiplié les alertes et réclamé la réouverture rapide du soutien public. Les catégories visées par cette aide exceptionnelle couvrent un large éventail du secteur : transport de marchandises, transport public privé de voyageurs, petits et grands taxis, transport mixte, autocars et transport touristique. En clair, Rabat cherche à contenir une contagion économique qui, sans filet, pourrait toucher aussi bien les entreprises que les citoyens.
Au-delà de l’urgence, cette décision remet aussi sur la table une question de fond : celle d’un modèle durable de protection du secteur face aux soubresauts énergétiques mondiaux. Car si l’aide exceptionnelle soulage à court terme, elle ne règle pas définitivement la vulnérabilité structurelle du transport national face aux chocs pétroliers.











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