Les récits concordent pour montrer que quelque chose est en train de changer dans les mosquées. La plus grande du pays, Hassan 2, qui surplombe tout Casablanca et accueille le plus grand nombre de fidèles, n’a pas manqué à la règle.
Toutes les nuits du 26ème jour du mois sacré de Ramadan jusqu’au matin suivant, ils sont des milliers à se précipiter aux premières heures en sautant la rupture du jeûne pour certains, pour peu qu’une place soit disponible aux premiers rangs pour voir Qzabri.
Car nul ne peut refuser ce moment où le prêche de cet imam fond en larmes et gémit, et nul fidèle ne peut se résigner à passer cette « Nuit sacrée du destin » sans aller à la Mosquée Hassan 2, malgré les désagréments liés à la plus forte affluence au Maroc.
Pourtant, cet édifice religieux a connu des heures mouvementées et uniques en leur genre depuis que les mosquées existent : la mixité hommes-femmes à l’intérieur et à l’extérieur, faute d’organisation qui impose une séparation obligatoire entre les genres.
Pourtant, et contrairement aux ambiances de recueillement habituelles, les scènes de désordres bruyants, une sonorisation défaillante couverte par des fidèles parlant et s’invectivant à haute voix, ainsi que les communications téléphoniques, ont perturbé les prières longues de plusieurs heures et étouffé par instant les pleurs contagieux, les envolées coraniques et les incantations fortement imprégnées de l’Imam Qzabri.
Sur l’esplanade débordant de foules, hommes et femmes assis côte à côte, une hérésie, les scènes d’attroupements et de palabres ont rythmé cette nuit du destin décidément pas comme les autres, se déroulant au mépris de toutes les règles.
Par Jalil Nouri












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