La montée des tensions au Moyen-Orient et la paralysie progressive du détroit d’Ormuz font planer une menace sérieuse sur l’économie mondiale, avec des répercussions particulièrement préoccupantes pour les pays fortement dépendants des importations énergétiques, à l’image du Maroc.
Ce passage maritime stratégique, par lequel transitent près de 20 % du pétrole mondial , est aujourd’hui au cœur d’une crise géopolitique majeure. Depuis fin février 2026, les perturbations se multiplient, entraînant une chute drastique du trafic maritime et une flambée des prix des hydrocarbures .
Pour le Maroc, les risques sont immédiats. Le Royaume dépend à près de 90 % des importations énergétiques , ce qui le rend particulièrement vulnérable à tout choc d’approvisionnement. Selon plusieurs analyses, un blocage prolongé du détroit pourrait provoquer une inflation importée massive, alourdir la facture énergétique et renchérir le coût du transport et des produits alimentaires .
Au-delà de l’énergie, c’est l’ensemble de l’économie nationale qui serait affecté. La hausse des prix des intrants agricoles et des engrais, largement liés aux flux du Golfe, pourrait fragiliser la production agricole et menacer la sécurité alimentaire . Par ailleurs, la balance commerciale du Maroc, déjà sous pression, subirait un déséquilibre accentué, tandis que les finances publiques pourraient être mises à rude épreuve avec une augmentation des subventions aux produits de base .
Une économie exposée, mais pas sans atouts
Toutefois, le Maroc ne se trouve pas totalement démuni face à ce scénario. Le Royaume dispose d’une capacité de résilience relative, notamment grâce à la diversification de ses partenaires commerciaux et à ses infrastructures portuaires stratégiques, telles que Tanger Med, qui pourraient capter une partie des flux maritimes détournés .
Un risque systémique pour le modèle économique marocain
Si le blocage d’Ormuz venait à se prolonger, le Maroc serait confronté à un double choc : énergétique et inflationniste. À court terme, la hausse des carburants affecterait directement le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises. À moyen terme, c’est la croissance elle-même qui pourrait être freinée, avec un impact estimé pouvant atteindre une baisse de plusieurs points dans les économies émergentes .
Plus profondément, cette crise met en lumière la fragilité structurelle du modèle énergétique marocain. Elle souligne l’urgence d’accélérer la transition vers les énergies renouvelables, de renforcer les capacités de stockage stratégique et de réduire la dépendance aux importations.
Car au-delà de la conjoncture actuelle, le véritable enjeu pour le Maroc est clair : transformer cette vulnérabilité en levier de souveraineté énergétique.












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