La flambée des prix du pétrole liée à la guerre en Iran commence à faire des dégâts bien au-delà des pays du Golfe. L’Égypte, frappée de plein fouet par la crise, a annoncé des mesures d’urgence pour rationner sa consommation d’énergie, ordonnant la fermeture des magasins, restaurants et centres commerciaux à 21h en semaine et à 22h le jeudi et le vendredi, pour une durée initiale d’un mois.
La raison de cette décision est brutale dans les chiffres. Le Premier ministre Moustafa Madbouly a révélé que la facture énergétique mensuelle de l’Égypte est passée de 560 millions de dollars avant la guerre à 1,65 milliard de dollars pour la même quantité d’énergie, soit un triplement en quelques semaines qui pèse lourdement sur les finances publiques du pays. Le gouvernement affirme se préparer aux pires scénarios tant que les tensions régionales persistent et que l’horizon de la crise reste flou. Le ministre du Tourisme Sherif Fathy a précisé que les infrastructures touristiques seront exemptées des restrictions pour ne pas pénaliser un secteur vital pour les devises étrangères.
La pression sur l’économie égyptienne ne s’arrête pas là. Le pays avait déjà relevé ses prix du carburant de plus de 30% début mars, et les perturbations du trafic maritime ont détourné une partie des navires de la route du canal de Suez, privant l’Égypte d’une source majeure de devises au pire moment. Un pays qui se retrouve ainsi doublement pénalisé par une guerre qu’il n’a pas choisie.












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