S’il est un adversaire qui menace aujourd’hui davantage la sélection nationale que n’importe quelle équipe engagée dans cette Coupe du monde, c’est bien la pression excessive qui commence déjà à entourer les Lions de l’Atlas. Une pression alimentée par l’idée, largement répandue, que le Maroc doit impérativement remporter le titre mondial, une première pour l’Afrique et le monde arabe.
Cette attente, aussi flatteuse soit-elle, n’a pourtant pas lieu d’être. Elle repose sur un raisonnement simpliste selon lequel le sélectionneur Ouahbi, sacré champion du monde avec les moins de 20 ans, aurait été désigné pour reproduire automatiquement cet exploit avec l’équipe A. Certains vont jusqu’à considérer qu’il ne pourrait quitter les États-Unis qu’avec le trophée mondial en poche, comme si le parcours historique jusqu’en demi-finale réalisé en 2022 au Qatar sous la conduite de Regragui avait naturellement ouvert la voie à un futur sacre.
Un tel raccourci constitue pourtant l’un des plus grands dangers pour cette sélection. La priorité doit être ailleurs : permettre aux joueurs, pour la plupart éprouvés par une longue et exigeante saison dans les championnats européens, d’aborder la compétition dans les meilleures conditions physiques et mentales. Il s’agit de tirer le meilleur de leurs qualités, de leur état d’esprit et de leur motivation, tous étant déjà pleinement conscients de l’honneur et de la responsabilité que représente le fait de défendre les couleurs du Maroc sur la plus grande scène du football mondial.
Cette Coupe du monde s’annonce particulièrement difficile, avec des déplacements importants, des conditions de jeu variées et des adversaires aux profils très différents. Dans ce contexte, la sagesse commande de privilégier l’humilité, la préparation et l’adaptation permanente. Le Maroc devra se réinventer à chaque rencontre, surprendre ses adversaires et avancer étape par étape.
L’objectif doit être de réaliser la meilleure performance possible. Si les Lions de l’Atlas parviennent à retrouver le dernier carré de la compétition, alors tout deviendra envisageable. Mais vouloir leur imposer dès aujourd’hui l’obligation du titre mondial risque davantage de les desservir que de les aider. Comme en 2022, l’essentiel est d’abord de rêver sans se laisser écraser par le poids des attentes. Tout le reste ne sera que du bonus.












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