L’image déjà bien entamée du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, pourrait bien être encore plus écornée avec cette conjugaison de contre-performances qui pourraient empêcher les étoiles de s’aligner en sa faveur et en celle de son équipe gouvernementale.
Pour commencer par les facteurs externes, il y a lieu de souligner les nuages sombres envahissant le ciel depuis que la guerre au Moyen-Orient a éclaté, avec des conséquences imprévisibles pour un Maroc qui, sur le plan économique, fait partie des pays les plus vulnérables, bien qu’il soit éloigné de la zone de conflit, mais surtout en raison de sa dépendance énergétique et de ses importations.
Le gouvernement n’est pas aidé, pour sa visibilité, par les prévisions du président américain qui, tantôt, avance que la guerre ne dépassera pas deux à trois semaines, tout en envoyant son armada pour une guerre difficile, de longue haleine et surtout incertaine. Mais le gouvernement a décidé de se murer dans un silence inquiétant, sans envisager le moindre plan de situation d’urgence, se contentant des analyses quotidiennes d’un comité de veille stratégique, au moment où tous les pays occidentaux se trouvent en état d’alerte.
Concernant les facteurs internes, l’Exécutif a pris un retard considérable, avec de nombreux risques de déflagration sociale, notamment dans le dialogue avec les syndicats et les partenaires économiques, qui n’aboutit que tardivement. La conduite des nombreuses réformes attendues par la population, dont celle de la Moudawana, s’est perdue en cours de route, tout comme celles de la justice que Akhannouch a prises personnellement en main, notamment concernant les avocats, en attendant les adouls, tout en ignorant d’autres dossiers pour se gargariser des chiffres d’organismes internationaux.
Ces différents retards, ralentissant le régime de travail au sein des ministères à quelques encablures d’un long été, ont eu pour effet, par ricochet, une procrastination regrettable au niveau des législateurs du Parlement, qui accusent eux aussi un retard conséquent dans leur rendu. L’approche des élections n’arrange pas non plus les choses, semblant influer sur les priorités à mettre en œuvre et les dossiers à suivre de près pour accélérer leur finalisation avant l’été. Difficile à admettre lorsqu’il s’agit d’une course contre la montre, alors que le calendrier électoral commence déjà à peser sur les esprits.












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