La crise diplomatique entre les États-Unis et l’Espagne n’en finit plus, après une aggravation soudaine marquée par l’interdiction, par Madrid, aux avions militaires américains de survoler son espace aérien pour se rendre dans le Golfe afin de participer à la guerre qui y sévit.
Mais le Maroc risque d’en payer le prix, avec l’un ou l’autre des deux protagonistes, en se retrouvant dans une position délicate du fait de ses bonnes relations avec les deux parties en conflit.
Surtout que, du côté américain, l’on n’hésite pas à ressortir de vieux dossiers, comme ceux des enclaves de Ceuta et Melilla, histoire d’hérisser le poil des Espagnols. Des voix s’élèvent ainsi de plus en plus parmi certains membres du Congrès à Washington pour plaider une cause que le Maroc se refuse à aborder actuellement, en exigeant que ces deux territoires soient restitués au Royaume. Selon ces responsables américains, ces enclaves reviendraient légitimement au Maroc, une position qui apparaît aussi comme un moyen de provoquer Madrid sans craindre une rupture diplomatique, désormais envisagée.
À cet argumentaire s’ajoute, cette fois-ci du côté espagnol, la question des bases militaires américaines en Espagne, situées respectivement à Rota, non loin de Cadix, et à Morón, près de Séville. Les États-Unis les jugent de moins en moins accueillantes depuis l’arrivée du gouvernement socialiste, qui ne cache plus son hostilité vis-à-vis du président Trump. Les deux pays ne semblent plus se ménager, s’échangeant des critiques de plus en plus virulentes depuis que Washington a exigé une plus grande participation financière à l’OTAN, une demande que Madrid considère comme un affront. Cette tension alimente même l’hypothèse d’une fermeture des bases américaines en Espagne, avec la possibilité, évoquée en coulisses, de leur délocalisation vers le Maroc.
Les relations entre les deux pays, qui s’enveniment après une longue période d’entente et de coopération remontant à la reconstruction de l’Espagne dans le cadre du Plan Marshall, suscitent une vive inquiétude dans les trois capitales concernées : Washington, Madrid et Rabat. Tant les liens entre ces partenaires restent étroitement imbriqués, l’espoir demeure que la raison finira par l’emporter.
Par Jalil Nouri












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