Dans le sud de l’Espagne, au cœur des exploitations de fruits rouges de la province de Huelva, une dynamique nouvelle prend forme. Loin de se limiter à un emploi saisonnier, le séjour de centaines de travailleuses marocaines se transforme désormais en véritable levier d’émancipation économique. En 2026, 225 d’entre elles participent au programme WAFIRA II, une initiative qui redéfinit les contours de la migration circulaire.
Chaque année, des milliers de Marocaines traversent la Méditerranée pour contribuer aux récoltes agricoles en Spain. Si ce travail constitue une source de revenus essentielle, le programme WAFIRA II ambitionne d’aller plus loin : faire de cette expérience un tremplin vers l’entrepreneuriat. Dans des salles mises à disposition par les coopératives locales, ces femmes suivent des formations en gestion, en stratégie commerciale et en planification financière. Une transformation progressive s’opère, où les idées prennent forme et deviennent des projets concrets.
Certaines participantes envisagent l’ouverture de boutiques de vêtements, d’autres se projettent dans l’artisanat, l’élevage laitier ou encore la modernisation de boulangeries rurales. « Je pensais que c’était plus facile », confie Sanae, réalisant désormais l’importance d’analyser chaque détail avant de se lancer. Ce changement de perception illustre parfaitement l’objectif du programme : passer du rêve à un projet structuré et viable.
L’originalité de WAFIRA II réside dans son accompagnement global. Le dispositif ne s’arrête pas aux formations dispensées en Espagne, mais se prolonge jusqu’au retour des participantes au Morocco. Il intègre des dimensions essentielles telles que la confiance en soi, l’autonomie et la prise de décision, tout en promouvant l’égalité des chances dans des zones rurales souvent confrontées à des difficultés d’accès au financement.
Porté par le ministère espagnol de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, avec le soutien de l’Union européenne et de l’Organisation internationale du Travail, ce programme se veut un modèle de mobilité légale et encadrée. En structurant la migration circulaire, il crée une passerelle entre deux rives, générant des retombées positives tant pour les économies locales que pour les parcours individuels.
À travers WAFIRA II, ces saisonnières marocaines ne se contentent plus de travailler : elles apprennent à entreprendre, à innover et à bâtir leur avenir, faisant de leur expérience à l’étranger le point de départ d’une nouvelle trajectoire de vie.












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