Le métier traditionnel des adouls, en charge de la rédaction des actes de mariage et bien d’autres, comme le partage de l’héritage, considérés comme des notaires légaux sans en avoir les mêmes pouvoirs, s’attend désormais à de profonds changements dans ses prérogatives en particulier, et dans l’exercice quotidien de ce métier ancestral en général.
La raison de cette inquiétude réside dans la nouvelle loi régissant cette profession, qui avait pourtant su s’adapter en acceptant d’intégrer des femmes parmi les adouls. Une version finale vient d’être adoptée avec des amendements au Parlement, contre leur volonté. Après avoir mené des sit-in de protestation, des grèves de longue durée et plusieurs tentatives auprès des pouvoirs publics pour bloquer, en l’état, la réforme initiée par le ministère de la Justice — sans concertation avec les intéressés — les adouls se retrouvent aujourd’hui dépités.
Malgré leur organisation en associations, leur combat pour l’arrêt de la réforme s’est révélé être une montagne inaccessible. Leur déception s’est accentuée après avoir essuyé une fin de non-recevoir de la part du Chef du gouvernement, qui avait pourtant reçu les avocats, ce qui avait incité les adouls à espérer un traitement similaire. Il faut dire qu’avec cette réforme, qui touche à certains avantages financiers et à leur marge de manœuvre dans la rédaction des actes, les adouls se résignent désormais à envisager de quitter une profession qui n’offre plus les mêmes privilèges.
Face à ce désengagement progressif d’une activité qui leur conférait une stature respectée, fondée sur les lois, les traditions ainsi que les us et coutumes islamiques, c’est avec tristesse et nostalgie qu’ils envisagent de se tourner vers d’autres horizons, rangeant leurs cartables dans l’espoir d’un avenir meilleur.
Par Jalil Nouri











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