Après une année 2025 sans célébration de la fête du sacrifice dans toutes ses règles, celle de 2026 sera, pour nombre de familles, celle du rattrapage des moments perdus.
À un peu plus d’un mois de la célébration de l’Aïd El Adha, les discussions battent leur plein sur les tendances du marché, non pas en matière de disponibilité du bétail, puisque le ministère de l’Agriculture prévoit une satisfaction des besoins à hauteur de 6 millions de têtes, mais plutôt sur les prix qui, comme à l’accoutumée, réservent dès à présent de mauvais tours à ceux pressés d’acheter leur mouton, avec la flambée habituelle des tarifs.
Malgré une offre abondante en bétail et l’absence de crise liée à son alimentation, contrairement aux années précédentes marquées par la sécheresse, la hausse du prix du carburant est avancée par les intermédiaires, à l’origine de l’inflation, pour expliquer les niveaux actuels des prix de vente dans les souks hebdomadaires. Ces mêmes spéculateurs, qui ont la mainmise sur les marchés, expliquent également que les prix de la viande de mouton n’ont baissé que superficiellement dans les boucheries et qu’il serait, de ce fait, inconcevable de les voir diminuer à l’approche de la fête.
Il est de coutume de voir des familles réserver leur mouton bien à l’avance pour éviter les mauvaises surprises. Cependant, celles qui s’y sont adonnées n’ont trouvé que des niveaux proches de ceux des années de sécheresse, soit à partir de 6 000 dirhams la tête pour un calibre moyen, tandis que les très prisés moutons d’origine « Sardi » atteignent, à plus d’un mois de la fête, les 9 000 dirhams. Selon plusieurs éleveurs contactés, ces prix ne devraient pas revenir à des niveaux raisonnables.
Une fois de plus, et en l’absence de toute réglementation, c’est la loi du marché libre qui fixe les prix, mais surtout celle imposée par des intermédiaires qui s’emparent de cette fête pour en tirer des bénéfices excessifs.
Par Jalil Nouri



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