Les listes d’inscription étant closes depuis plusieurs mois, le chiffre de 400.000 nouveaux inscrits restera handicapant pour une organisation efficiente des élections.
Le ministère de l’Intérieur devait certainement miser sur au moins le quadruple de nouveaux votants pour la réussite d’un scrutin sur lequel beaucoup d’espoirs sont fondés, sur fond de profonds changements dans son déroulement et ses caractéristiques. Pour rappel, lors des législatives de 2021, près de 9 millions de Marocains avaient déposé leur bulletin dans l’urne, soit un taux de participation dépassant légèrement les 50 %.
Ce taux avait été considéré, malgré tout, à l’époque comme un chiffre inespéré et rassurant. Le sera-t-il cette année ? Mais précision de taille : l’opération concernait à la fois les législatives, les communales et les régionales, qui avaient été regroupées, chose qui ne sera pas programmée en 2026, année réservée au seul scrutin législatif conduisant à la représentation parlementaire pour pourvoir plus de 380 sièges pour une durée de 5 ans, avec une forte participation attendue des jeunes de moins de 35 ans. L’inconnue reste totale quant à leur part de réussite dans ce scrutin qui s’annonce serré.
C’est cette présence qui conditionnera les résultats de ces législatives, d’où l’importance de savoir combien de jeunes votant pour la première fois se sont inscrits sur les listes électorales. Ils se retrouveront donc en grande majorité parmi ces nouveaux inscrits et feront en sorte que leurs voix se portent inéluctablement sur ces jeunes candidats, en raison de leur stratégie de mener des campagnes de proximité dans leurs quartiers et zones d’habitation, d’où ils délogeront, à n’en point douter, les candidats des partis traditionnels de leurs sièges au Parlement.
Pour rappel, lors des élections de 2021, le nombre de primo-votants atteignait les 3 millions, mais n’avait pas pesé considérablement sur la balance du fait de la dispersion des voix sur les trois scrutins organisés en parallèle. Cette fois-ci, la donne pourrait largement changer, avec un possible raz-de-marée des jeunes, porté par un souvenir encore vif de la mobilisation de la Gen Z.
Par Jalil Nouri



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