Moins de six mois après sa sortie des prisons algériennes, Boualem Sansal crée une nouvelle onde de choc. L’écrivain de 81 ans, libéré en novembre 2025 et actuellement suivi médicalement en région parisienne, a annoncé son intention de quitter la France, pays dont il possède désormais la nationalité. Dans un entretien à TF1, il a lancé une formule brutale : « La France, c’est fini pour moi », estimant ne plus pouvoir vivre dans un climat qu’il décrit comme une « dictature de la pensée ».
Cette sortie intervient à un moment paradoxal de son parcours. Après avoir été emprisonné en Algérie pour ses prises de position, puis gracié, Sansal semblait trouver en France un refuge naturel. Mais l’auteur affirme aujourd’hui se sentir attaqué par une partie du milieu intellectuel et éditorial français, qu’il accuse de vouloir le faire taire. Il envisage désormais de s’installer en Belgique, en Suisse ou ailleurs, tout en promettant de continuer à s’exprimer librement.
La polémique est aussi liée à son arrivée chez Grasset, après sa rupture avec Gallimard. Cette maison d’édition, contrôlée par Hachette, propriété du groupe de Vincent Bolloré, se trouve au cœur de fortes tensions depuis le départ de son PDG Olivier Nora. Sansal rejette toutefois toute proximité avec Bolloré et dénonce une tentative de le discréditer.
Au même moment, l’écrivain connaît une double consécration académique. Il vient d’intégrer l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, au fauteuil 37, après son élection à l’Académie française en janvier.
Entre reconnaissance littéraire, blessures personnelles et polémiques idéologiques, Boualem Sansal apparaît plus que jamais comme une figure clivante. Son prochain livre, La Légende, consacré à sa détention en Algérie, est annoncé pour le 2 juin 2026.
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