Bab Doukkala, porte d’entrée d’une fitna qui menace de se réveiller
Le jour où Bab Doukkala, à Marrakech, a pris le devant de la scène face au détroit d’Ormuz est arrivé. Il a suffi d’une vidéo et d’une image pour déclencher, telle une traînée de poudre, une soudaine levée de boucliers : manifestation de protestation devant Bab Doukkala et vague d’indignation sur les réseaux sociaux.
Des appels ont également été lancés pour nettoyer et « purifier » les murs de Bab Doukkala, qui auraient été souillés par ce groupe d’extrémistes juifs dont la présence a été jugée insupportable et inadmissible par certains.
La veille, des propos attribués à un ministre israélien, tristement célèbre — excusez le pléonasme — et largement relayés sur les réseaux sociaux, laissaient entendre que des Israéliens auraient eu des ancêtres ayant contribué à la fondation de Marrakech et qu’en cas de disparition d’Israël, ils seraient en droit de revenir au Maroc pour reprendre leur prétendu héritage.
Nous ne répondrons pas bêtement à ce genre de polémiques stériles. Nous laisserons volontiers aux historiens le soin d’apporter les éclaircissements nécessaires.
Une question s’impose toutefois : est-ce une simple coïncidence que cette prière devant Bab Doukkala soit intervenue juste après cette polémique ?
Un véritable pavé dans la mare, face auquel les autorités ont préféré garder le silence plutôt que d’ajouter de l’huile sur le feu.
Profanation ou simple liberté de culte ?
Il n’a été question ni d’autorisation administrative de la wilaya pour prier devant un édifice public, ni du respect de l’ordre public.
Un élément intrigue néanmoins : les touristes israéliens, les Marocains d’Israël et même les juifs de France qui se rendent à Marrakech viennent généralement pour faire la fête, pour les affaires, ou pour les deux à la fois.
Honnêtement, on n’a pas l’habitude de les voir prier en groupe, même lors de leurs moussems à Ouazzane ou Essaouira, où leurs rassemblements sont souvent davantage associés à la convivialité.
Le front antisioniste est immédiatement monté au créneau, dénonçant une provocation maladroite, une intrusion dans l’espace public et une tentative d’appropriation à laquelle il faudrait faire barrage.
Pour certains, Bab Doukkala ne serait que le début d’une présence plus visible d’extrémistes juifs, alimentant une forme de paranoïa.
Touchez pas à Bab Doukkala
En face, d’autres courants rappellent que le Maroc est le Royaume de la tolérance, du dialogue interreligieux et de la coexistence entre les confessions.
Pour eux, les Israéliens sont chez eux au Maroc et les portes leur sont ouvertes.
Oui, dans cette affaire d’exhibition religieuse, il y a les pour et les contre, avec un fossé immense entre liberté de culte et liberté tout court.
S’y ajoute une forte dose de populisme et un risque évident de récupération politique autour d’un sujet particulièrement sensible.
Pour les uns, le Royaume est avant tout islamique. Pour les autres, il reste une terre de coexistence où toutes les confessions doivent être respectées.
L’essentiel reste qu’après cette polémique, la tension est retombée, notamment après la prière du vendredi tenue face à Bab Doukkala.
Mais il faudra éviter de trop tirer sur la corde. La capacité de résilience des Marocains a ses limites, et il suffit parfois d’une étincelle pour raviver des frustrations accumulées.
Zéro tolérance ?
Les antisionistes estiment que les Israéliens ne sont même pas légitimes sur la terre palestinienne et redoutent que certains extrémistes puissent constituer une menace pour la stabilité du Royaume.
Sans jugement de valeur, ces religieux auraient sans doute gagné à faire preuve de plus de discrétion au lieu de susciter la colère d’une partie de la population.
Après la guerre à Gaza Strip, les tensions au Iran et au Lebanon, beaucoup ont les nerfs à vif.
À Marrakech, certains ont réagi avec l’humour propre aux Marrakchis :
« S’ils tiennent à prier devant des murs où les badauds urinent, ils sont libres. Nous continuerons, nous, à uriner dessus. »
Et si, par dérision, on transformait cette polémique en opportunité touristique en organisant des circuits autour des portes historiques des villes impériales ?
Après tout, pourquoi céder à une polémique stérile quand certains y verraient presque un modèle économique ?
Reste une interrogation : si, un jour, Israël devait traverser une crise existentielle majeure, le Maroc pourrait-il devenir une terre de refuge ?
Dans quelles conditions se ferait alors la cohabitation ?
En attendant, cette affaire de Bab Doukkala ressemble à une fitna longtemps endormie, que beaucoup pensaient enterrée.
Comme un volcan silencieux sous l’effet de l’exception marocaine, elle rappelle qu’il existe des lignes sensibles qu’il vaut mieux éviter de franchir inutilement.
Par Hafid Fassi Fihri












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Pour vous résumer ,aucun ne conteste la presence celui ou celle qui vient visiter sa patrie , non à toute manifestation de signe ou de geste qui rappellent les crimes humanitaires commis par un État dont les dirigeants sont poursuivis par les juridictions pénales internationales
Ce ne sont pas les extrémistes juifs qui pourraient menacer la quiétude du Maroc, mais bel et bien les extrémistes islamistes ,qui ont d’ailleurs essayé à plusieurs reprises !
Oui, les juifs ont participé à la fondation de plusieurs villes au Maroc et même à la construction des pyramides en Égypte.
Leur présence en Afrique du Nord en général remonte à plus de 30 siècles, soit 16 siècles avant l’arrivée de ceux qui , par gentillesse, ont bien voulu » tolérer » leur existence sur cette terre 😂. Je me demande, qui doit tolérer qui ???
Le judaïsme est une composante de l’identité marocaine (cf constitution), Israël est notre allié stratégique, et ce n’est pas l’agitation de quelques abrutis qui va ébranler ces fondements.
انت مع من احببت