Chez les supporters et sociétaires du MAS de Fès, certains en rêvent secrètement, d’autres affichent clairement cette ambition.
Invaincu lors de la phase aller de la Botola Pro, le Moghreb de Fès est en train de réussir un retour tonitruant au premier plan.
Avec à son actif neuf victoires et sept matchs nuls, le MAS retrouve une sérénité et un standing qu’il avait perdus depuis belle lurette.
Au moins depuis 2011 et ses deux sacres en CAF Confederation Cup et en CAF Super Cup.
Il est vrai que des crises internes à répétition, conjuguées à une instabilité technique et financière, avaient ouvert la voie à une longue période de vaches maigres.
Les résultats et la manière
Aujourd’hui, fort d’une restructuration rationnelle autour de dirigeants chevronnés et de bonne volonté, d’un staff technique affûté qui fait ses preuves, d’un public nombreux, fidèle et inconditionnel, ainsi que d’un groupe homogène de joueurs, le club fassi figure dans le haut du tableau et semble bien parti pour y rester jusqu’au bout.
Sur le terrain, les prestations sont convaincantes, l’équipe affiche une grande motivation et, pour la première fois de son histoire, aucune défaite n’a été concédée lors de la phase aller de la Botola Pro.
En termes de jeu collectif, cette saison, le MAS est certainement l’équipe la plus spectaculaire, avec, cerise sur le gâteau, des buts de toute beauté, dont certains d’anthologie, comme celui inscrit contre le Wydad AC sur une « rabona » qui a fait le tour du monde.
Le Moghreb de Fès n’a plus remporté le titre de champion du Maroc depuis 1985 avec l’inoubliable feu Bouchaib Ghalmi, ce qui signifie qu’à Fez, les moins de quarante ans n’ont jamais connu cette consécration.
Tout Fès se remet donc à rêver du titre : certains en parlent discrètement, tandis que d’autres affichent ouvertement cette ambition.
Les plus lucides estiment que les points bêtement perdus pourraient pénaliser l’équipe dans la course au titre, tandis que d’autres dénoncent un complot visant à empêcher le MAS d’être sacré champion.
Ces derniers n’ont pas forcément tort lorsqu’on se rappelle le but refusé face à l’AS FAR, puis plus récemment ce penalty inexistant accordé, comme par hasard, à la RS Berkane, privant les Fassis d’une victoire méritée.
Honnêtement, cette équipe du Moghreb de Fès est séduisante, avec un jeu plaisant et chatoyant. Nul doute que si elle poursuit sur sa lancée d’invincibilité, elle ferait un très beau champion du Maroc.
Seulement, il faudra garder les pieds sur terre, car la concurrence s’annonce féroce avec l’AS FAR, les deux grands clubs casablancais et même la RS Berkane, qui n’a plus que la Botola Pro pour sauver sa saison malgré une baisse de régime évidente.
Pour le moment, le MAS est un sérieux prétendant au titre, mais il devra confirmer toutes les promesses affichées durant la phase aller.
Il faut également souligner que derrière ce nouveau visage se cache un véritable état d’esprit et un souffle novateur, avec en arrière-plan une société sportive bien structurée, un président aux petits soins, une direction technique fonctionnelle et un entraîneur compétent.
Avec le nouveau centre de formation en cours de construction aux normes internationales, il se pourrait bien que les beaux jours du MAS ne fassent que commencer.
En attendant, le seul bémol reste l’absence de visibilité liée à une programmation chaotique. Bien malin celui qui pourra dire comment la Ligue compte faire disputer quinze journées avant la mi-juin et le début de la FIFA World Cup.
Pour le reste, rien n’est encore joué puisque treize journées et 42 points restent en jeu pour départager les prétendants au titre : le Raja Club Athletic, l’AS FAR, le Wydad AC, Berkane et bien sûr le MAS.
À Fès, les espoirs sont immenses et l’ambition est telle que laisser échapper cette Botola Pro serait vécu comme une véritable contre-performance.
Sur le plan technique, à mesure que la pression augmentera lors du sprint final, il est évident que l’équipe disposant du meilleur banc de touche sera la mieux armée pour remporter le titre.
À ce sujet, pour le Moghreb de Fès, toutes les rencontres seront difficiles et devront être gérées avec rigueur et sérieux si les Fassis veulent conserver leur fauteuil de leader jusqu’à la fin du championnat.
C’est tout le mal qu’on leur souhaite. En attendant, cela promet une compétition passionnante et pleine de suspense.
Par Hafid Fassi Fihri












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