Le mouvement séparatiste du Polisario, avec lequel il devient de plus en plus difficile d’envisager un dialogue serein, vient sans doute de commettre une grave erreur stratégique en lançant des projectiles en direction de la ville d’Es-Smara, au Sahara marocain, sans parvenir à obtenir le moindre résultat significatif, ni sur le plan militaire ni sur le terrain politique. Une opération qui ressemble davantage à un coup de désespérance qu’à une véritable démonstration de force.
Alors que les États-Unis avaient accepté, dans le cadre des efforts diplomatiques en cours, d’accorder au Polisario une place dans les discussions autour d’une solution définitive au dossier du Sahara afin de favoriser un retour durable à la paix dans la région, cette attaque a profondément changé la perception de plusieurs capitales occidentales. États-Unis, France et Espagne ont exprimé leur solidarité avec Rabat et condamné cette escalade, renforçant davantage l’isolement diplomatique du mouvement séparatiste.
Ces puissances considèrent désormais, plus encore qu’auparavant, le Polisario comme un acteur compliquant sérieusement le processus politique et les efforts de médiation engagés autour de ce conflit régional. Le dossier du Sahara continue d’ailleurs de bénéficier d’une attention particulière au sein de l’administration du président Donald Trump, qui aurait confié son suivi à plusieurs de ses proches conseillers spécialisés dans la gestion des grandes crises internationales.
Élément encore plus préoccupant pour le Polisario : cette opération intervient au moment où certaines voix influentes aux États-Unis évoquent de plus en plus ouvertement l’éventualité d’un classement du mouvement sur les listes liées au terrorisme international. Une telle évolution aurait de lourdes conséquences politiques, diplomatiques et judiciaires pour ses dirigeants et leurs déplacements à travers le monde.
Dans ce contexte, il apparaît désormais peu probable de voir, à court terme, les représentants du Polisario reprendre place autour d’une table de négociations internationale dans les mêmes conditions qu’auparavant. Cette attaque contre Smara risque ainsi de marquer un tournant délicat pour le mouvement séparatiste, au moment même où plusieurs capitales internationales semblaient vouloir privilégier une relance du dialogue.
Par Jalil Nouri



Contactez Nous