L’Organisation mondiale de la santé a confirmé jeudi 5 cas de contamination au Hantavirus parmi 8 cas suspects à bord du navire de croisière MV Hondius, portant le bilan à 3 décès. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a mis en garde contre la possibilité de nouvelles infections, rappelant que la période d’incubation du virus des Andes, la souche identifiée à bord, peut atteindre 6 semaines. Il a par ailleurs interpellé directement le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, lui demandant d’assumer la responsabilité de l’accueil des passagers dans les îles Canaries.
Dans ce contexte, le Maroc a refusé d’accorder l’autorisation d’atterrissage à un avion médicalisé transportant des personnes infectées en provenance du Cap-Vert. Bien que l’appareil ait sollicité un simple arrêt technique à l’aéroport de Marrakech-Menara pour se ravitailler en carburant, les autorités marocaines ont maintenu leur refus au nom des impératifs sanitaires préventifs. L’équipage a alors lancé un appel de détresse auquel les autorités espagnoles ont répondu en autorisant l’atterrissage dans une zone isolée de la base aérienne de Gando, avant que les patients ne soient transférés à bord du navire.
Selon la chaîne espagnole RTVE, la dépouille d’une ressortissante allemande décédée le 2 mai se trouve toujours à bord du navire. Maria Van Kerkhove, directrice du département de préparation aux épidémies de l’OMS, a indiqué que des coordinateurs travaillent avec les opérateurs du navire pour assurer la conservation et le transfert ultérieur de la dépouille dans des conditions dignes. Elle a précisé que le risque pour la population des Canaries demeure « faible », le virus ne se propageant pas avec la même facilité que les coronavirus.
Le MV Hondius devrait mouiller au large de Tenerife sans accoster directement, les passagers étant acheminés vers le rivage par des embarcations équipées de matériel de protection spécifique. Les passagers espagnols seront soumis à un isolement strict et une quarantaine pouvant aller jusqu’à 45 jours, afin de couvrir l’intégralité de la période d’incubation. Une équipe médicale internationale comprenant des experts du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies assure la surveillance sanitaire à bord et coordonne les opérations de décontamination.












Contactez Nous