La Chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel de Rabat a rendu, en début de semaine, deux décisions importantes dans des affaires distinctes impliquant des atteintes graves à l’intégrité de mineurs. Deux hommes, âgés respectivement de 25 et 48 ans, poursuivis en état d’arrestation, ont été condamnés chacun à sept ans de prison ferme, assortis d’indemnisations civiles au profit des victimes.
Ces deux dossiers, bien que séparés, ont profondément marqué l’opinion par la vulnérabilité des victimes : une fillette âgée de neuf ans à Salé et un adolescent de 14 ans à Rabat. Dans les deux cas, la justice a retenu des faits de séduction de mineur et d’attentat à la pudeur avec violence.
La première affaire remonte au mois de janvier dernier à Salé. Les services de sécurité avaient été saisis par la mère d’une fillette, après un incident survenu à l’entrée d’un immeuble résidentiel. Selon les éléments de l’enquête, l’intervention rapide de la mère, alertée par la situation, aurait permis d’éviter un drame plus grave. Les déclarations de la victime, celles de sa mère, ainsi que les investigations menées par la police judiciaire ont permis de confondre le mis en cause, qui a ensuite été déféré devant le parquet général près la Cour d’appel de Rabat.
La seconde affaire s’est déroulée dans un espace sportif situé près de l’ancienne gare routière de Kamra, à Rabat. Un adolescent de 14 ans, qui pratiquait une activité sportive, aurait été approché par un homme se présentant comme connaisseur en exercices physiques. Le comportement suspect du mis en cause a rapidement provoqué la réaction du mineur, dont l’appel à l’aide a permis l’intervention de personnes présentes sur les lieux. L’enquête s’est notamment appuyée sur des images de caméras de surveillance installées à proximité.
Ces deux jugements traduisent la fermeté croissante de la justice face aux violences visant les enfants. Ils rappellent également l’importance de la vigilance familiale, de la réaction citoyenne et du rôle décisif des preuves matérielles dans ce type de dossiers.
Au-delà des condamnations, ces affaires posent une question de société essentielle : comment mieux protéger les mineurs dans les espaces publics, les immeubles, les quartiers et les lieux de loisirs ? La réponse ne peut pas être seulement judiciaire. Elle doit aussi être éducative, préventive et collective.
Car lorsqu’un enfant est visé, c’est toute la société qui est interpellée.



Contactez Nous