Il se fait appeler « roi », possède 151 propriétés réparties sur 9 cantons suisses et fait la une des médias helvétiques depuis plusieurs années. Jonas Laufener, jeune Suisse né en 1994 d’une mère marocaine prénommée Habiba et d’un père suisse, a réussi le pari improbable de bâtir une véritable empire immobilier en exploitant une disposition légale que peu de personnes connaissent.
Originaire d’Interlaken et installé à Berne, Laufener a débuté sa carrière dans l’automatisation et les technologies de l’information avant de se tourner vers l’investissement immobilier par une voie pour le moins atypique. Il s’est appuyé sur l’article 658 du Code civil suisse, qui permet de régulariser la situation des terres non enregistrées ou dont le propriétaire est inconnu, pour commencer à enregistrer légalement des propriétés à son nom, tirant parti de la souplesse du système juridique helvétique dans ce domaine.
En 2019, il a franchi un pas symbolique en se proclamant « roi » lors d’une cérémonie organisée à Berne, un titre qui n’a aucune portée politique ou officielle mais qui lui a collé à la peau comme une étiquette médiatique. L’intéressé lui-même compare son rôle à celui d’un « directeur exécutif » chargé d’une vision et d’une stratégie, affirmant agir dans le strict respect de la loi et s’acquitter normalement de ses impôts. À l’horizon 2025, son portefeuille comptait 151 biens immobiliers incluant des terres agricoles, des forêts et même des portions de routes réparties sur 9 cantons.
L’affaire a divisé l’opinion publique suisse. Ses détracteurs pointent les problèmes pratiques liés à la possession de portions de voies publiques et d’espaces communs, notamment en matière de maintenance et de droits d’usage. Ses partisans y voient au contraire un exemple d’exploitation créative et légale des opportunités offertes par le système juridique. Loin de se limiter à son projet immobilier, Laufener a également franchi le seuil de la politique locale en étant élu en 2025 membre du conseil municipal de Burgdorf, affirmant que son initiative « symbolique » n’entre en aucune contradiction avec le système démocratique suisse.












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