Le passeport marocain poursuit sa progression sur l’échiquier mondial de la mobilité. Selon les derniers classements établis par Passport Index et Henley & Partners, deux références internationales en la matière, le document de voyage marocain se hisse désormais à une honorable 57e place mondiale, contre la 62e position au premier trimestre de l’année 2026.
Cette avancée confirme une tendance positive et place le Maroc parmi les pays les mieux positionnés de la région. Elle traduit aussi l’amélioration progressive de l’image du Royaume à l’international, portée par une diplomatie active, une présence renforcée en Afrique, des relations solides avec le Golfe, ainsi qu’une ouverture croissante vers l’Asie et l’Amérique latine.
Le passeport marocain permet aujourd’hui d’accéder à plusieurs destinations sans visa préalable ou avec un visa délivré à l’arrivée. Cette évolution témoigne d’un élargissement réel de la mobilité des citoyens marocains, même si de nombreux pays continuent encore d’imposer des restrictions d’entrée.
Mais derrière ce classement encourageant se cache un paradoxe. Le passeport gagne en valeur, tandis que voyager devient plus coûteux pour une grande partie des Marocains. Prix élevés des billets d’avion, frais de visa, hébergement, assurances, pouvoir d’achat sous pression : la liberté de circulation reste souvent freinée par la réalité économique.
À cela s’ajoutent les difficultés persistantes liées aux visas Schengen. Malgré les progrès enregistrés, de nombreux demandeurs marocains continuent de dénoncer des refus, des délais longs ou des procédures jugées lourdes, notamment pour les voyages vers l’Europe.
La montée en puissance du passeport marocain intervient toutefois dans un contexte favorable. Le Royaume, futur coorganisateur de la Coupe du monde 2030, pourrait bénéficier d’une visibilité internationale accrue et d’un renforcement de ses accords de mobilité. Cette dynamique pourrait ouvrir la voie à de nouvelles facilités de voyage pour les Marocains dans les années à venir.
Autre fait marquant : les nouvelles générations voyagent davantage, plus loin et autrement. Elles ne se limitent plus aux destinations classiques. Asie, Europe de l’Est, Afrique subsaharienne ou Amérique latine attirent de plus en plus de jeunes Marocains, portés par les réseaux sociaux, les études, le travail à distance, les compagnies low-cost et le goût de la découverte.
Ainsi, la progression du passeport marocain ne se résume pas à un simple rang dans un classement. Elle reflète une évolution plus profonde : celle d’un pays dont la présence internationale s’affirme et dont les citoyens aspirent à circuler, apprendre, investir et découvrir le monde avec moins d’obstacles.
Mais au-delà des chiffres, la véritable valeur d’un passeport se mesure aussi à la capacité réelle des citoyens à voyager, étudier, travailler, entreprendre ou s’ouvrir au monde sans être prisonniers des barrières administratives ou économiques. C’est là que se jouera, demain, le véritable progrès de la mobilité marocaine.
Par Jalil Nouri












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