À l’approche d’un réchauffement des relations entre France et Algérie, après une longue période de tensions glaciales ayant frôlé la rupture diplomatique, la présidence française s’est empressée d’envoyer son chef de la diplomatie, Jean-Noël Barrot, afin de rassurer sur les intentions de Paris pour l’avenir.
Cette visite éclair, prévue mercredi, vise notamment à consolider le climat de confiance établi entre la France et le Maroc et à éviter, avec une extrême prudence, que le Royaume puisse interpréter le rapprochement entre Paris et Alger comme une normalisation susceptible de se faire au détriment de ses intérêts stratégiques.
Dans ce délicat exercice d’équilibriste entre deux voisins maghrébins aux relations conflictuelles, la France aura sans doute du mal à échapper aux pressions algériennes, notamment autour d’une demande très probable de révision de la position française sur la question du Sahara marocain.
Une hypothèse qui paraît toutefois difficilement envisageable dans le contexte actuel, tant les relations entre Paris et Rabat n’ont jamais semblé aussi solides et stratégiques. Mais Alger est connue pour profiter de chaque ouverture diplomatique afin de remettre le dossier saharien dans la balance, souvent accompagné de promesses de contrats importants et de perspectives de coopération économique attractives.
La France, désireuse de tourner définitivement la page de ses lourds contentieux avec l’Algérie, semble prête à aller très loin pour rétablir une relation apaisée et durable avec Alger, dans ce qui constitue sans doute l’une des crises diplomatiques les plus sensibles du mandat d’Emmanuel Macron.
De son côté, le Maroc, sûr de la légitimité de sa position, ne croit pas réellement à un éventuel revirement français sur la question du Sahara, un changement qui discréditerait Paris après les engagements pris récemment envers Rabat, notamment dans la perspective du futur traité d’amitié entre les deux pays.
Le reste ne relèverait donc, selon plusieurs observateurs, que de spéculations alimentées par certains milieux hostiles au Maroc, cherchant à préparer le terrain à une tentative algérienne d’influencer un gouvernement français qui semble désormais moins sensible aux anciennes logiques idéologiques et aux causes jugées perdues.
Par Jalil Nouri












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