N’était-ce la gravité du sujet, en cette période de grogne sociale provoquée par les prix toujours jugés trop élevés de la viande de mouton à l’approche de l’Aïd Al-Adha prévu le 27 courant, la scène aurait presque pu faire rire et susciter moqueries et ironie à l’égard d’un ministre en difficulté.
Ce ministre, Ahmed El Bouari, pourtant réputé très expérimenté dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage, a montré ses limites lundi lors de son passage devant le Parlement, en se trompant sur les prix actuels des moutons proposés aux Marocains.
Se retrouvant dans une situation embarrassante devant les députés de la première Chambre, le ministre El Bouari n’a d’abord pas réagi aux sarcasmes d’une partie de l’assistance lorsqu’il a affirmé depuis le pupitre que les prix demeuraient abordables cette année, allant jusqu’à évoquer des moutons accessibles à seulement 1.000 dirhams.
Ne s’étant visiblement pas entendu — ou pensait-il réellement que ce prix existait encore sur le marché ? — le responsable gouvernemental n’a pas immédiatement compris pourquoi les députés de l’opposition éclataient de rire, frappant sur leurs bancs et lui demandant de répéter le montant annoncé, jugé totalement déconnecté de la réalité du terrain. La séance a même dû être brièvement suspendue dans le brouhaha général.
Ce n’est qu’ensuite que le ministre a pris conscience de son erreur d’appréciation, difficilement acceptable pour un responsable censé maîtriser les fluctuations du marché du bétail. Une sortie qui a surtout renforcé le sentiment d’incompréhension d’une partie des Marocains, déjà éprouvés par la hausse du coût de la vie et convaincus qu’un mouton à 1.000 dirhams relève désormais davantage du souvenir que de la réalité économique de 2026.
Par Jalil Nouri












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