La justice marocaine a rendu, jeudi 21 mai 2026, l’un des verdicts les plus lourds prononcés ces dernières années contre un ancien responsable politique. Mohamed Moubdii, ancien ministre de la Fonction publique et ex-président de la commune de Fkih Ben Salah, a été condamné par la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca à 13 ans de prison ferme, assortis d’une amende de 30 millions de dirhams.
L’ancien élu était poursuivi dans un dossier tentaculaire lié à la gestion de la commune qu’il a dirigée durant plusieurs mandats. Les accusations portaient notamment sur le détournement de deniers publics, la dilapidation de fonds, la corruption, le faux et usage de faux dans des documents administratifs, ainsi que l’abus de pouvoir. Son arrestation en 2023 avait déjà marqué un tournant dans ce dossier judiciaire à forte portée politique.
Avant le prononcé du jugement, Mohamed Moubdii avait tenté de défendre son bilan avec émotion, rappelant ses six mandats successifs à la tête de Fkih Ben Salah. Il avait soutenu que les marchés d’aménagement urbain contestés avaient été validés par les services compétents du ministère de l’Intérieur, tout en mettant en avant les réalisations accomplies sous sa présidence.
Sa défense avait également tenté de déplacer une partie de la responsabilité vers les autorités de tutelle de la région Béni Mellal-Khénifra, estimant que les projets incriminés n’avaient pas été menés en dehors des circuits administratifs habituels.
Mais la Cour n’a pas retenu ces arguments. Elle a considéré que les éléments du dossier établissaient suffisamment les faits reprochés à l’ancien ministre et aux autres prévenus. Les demandes d’acquittement formulées par les co-accusés ont également été rejetées.
Ce verdict sonne comme un message sévère adressé aux élus et gestionnaires publics : la responsabilité politique ne protège plus de la responsabilité pénale lorsque la gestion des deniers publics est en cause.












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