À trois jours de l’Aïd Al-Adha, les marchés aux bestiaux connaissent une forte animation, mais aussi une réalité qui pèse lourdement sur les ménages marocains : le mouton à moins de 3.000 dirhams est devenu presque introuvable. Dans plusieurs souks, les prix affichés dépassent largement les capacités d’une grande partie des familles, déjà éprouvées par la cherté de la vie, les dépenses scolaires, le logement, le transport et les charges quotidiennes.
La hausse de la demande a redonné de la vigueur aux marchés des ovins, mais elle a aussi provoqué une nouvelle poussée des prix. Les éleveurs expliquent cette flambée par le coût élevé de l’alimentation du bétail, la sécheresse, la baisse du cheptel et l’augmentation des frais de transport. À cela s’ajoute le rôle des intermédiaires, souvent pointés du doigt par les consommateurs, qui estiment que la spéculation contribue à rendre le sacrifice inaccessible pour les revenus modestes.
Cette tension n’est pas nouvelle. Le Maroc avait déjà été confronté, ces dernières années, à une forte pression sur le cheptel national, aggravée par la sécheresse et l’inflation. En 2025, le Roi Mohammed VI avait même appelé les Marocains à renoncer au sacrifice afin d’éviter une pression supplémentaire sur les familles et sur le bétail national.
Aujourd’hui, malgré le retour de l’activité dans les marchés, le constat reste amer : pour de nombreux citoyens, l’Aïd risque de se transformer en épreuve financière. Entre tradition religieuse, pression sociale et réalité économique, beaucoup de familles hésitent, négocient, comparent, puis repartent parfois sans mouton.
Dans ce climat tendu, la question n’est plus seulement celle du prix du mouton, mais celle du pouvoir d’achat des Marocains. Car lorsque le mouton ordinaire dépasse les 3.000 dirhams, c’est toute une catégorie de citoyens qui se retrouve exclue d’un rituel pourtant profondément ancré dans la société.












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