L’inquiétude grandit au sein de nombreuses familles de Mohammedia et de ses environs après la disparition inexpliquée de 30 jeunes Marocains, dont les proches sont sans nouvelles depuis près de douze jours. Les signalements déposés auprès de la Gendarmerie royale et de la Sûreté nationale ont déclenché une vaste mobilisation des autorités, tandis que la crainte d’un drame en mer prend de l’ampleur.
Selon les informations recueillies auprès des familles, les disparus résident principalement à Mohammedia, Aïn Harrouda, Chellalate et dans le quartier Al Machrouâ II. Tous auraient quitté leur domicile avec l’intention de rejoindre les îles Canaries dans le cadre d’une traversée clandestine organisée depuis les provinces du Sud, plus précisément le long du littoral reliant Laâyoune à Dakhla.
Les témoignages recueillis dressent le scénario d’une opération orchestrée par un réseau spécialisé dans l’immigration irrégulière. Les candidats au départ auraient versé entre 30 000 et 40 000 dirhams chacun aux passeurs. Une fois arrivés à Laâyoune, ils auraient été regroupés dans une maison où, selon les familles, les conditions d’hébergement étaient particulièrement précaires, sans nourriture ni eau, en attendant le départ vers la côte.
Plusieurs jeunes, revenus chez eux après l’échec de leur tentative, affirment que les Forces Armées Royales sont intervenues au moment de l’embarquement, empêchant une partie du groupe de prendre la mer. D’après leurs récits, un autre groupe aurait néanmoins réussi à quitter les côtes à bord d’une embarcation disposant d’une faible réserve de carburant, alimentant aujourd’hui les craintes quant à leur sort.
Les familles vivent désormais dans l’angoisse. Certaines redoutent un naufrage, tandis que d’autres n’écartent pas l’hypothèse d’un enlèvement par des réseaux criminels. Des jeunes ayant renoncé au voyage évoquent en effet avoir été retenus et intimidés par un groupe armé durant leur séjour à Laâyoune, après avoir perdu le contact avec les intermédiaires qui les avaient recrutés via le téléphone et les réseaux sociaux. Par peur de représailles, ils refusent toutefois de révéler l’identité de ces recruteurs ou de leurs ravisseurs présumés.
Face à cette situation, les familles appellent les autorités à intensifier les recherches, à mobiliser l’ensemble des services compétents et à faire toute la lumière sur cette disparition collective. Ce nouveau drame rappelle, une fois de plus, les dangers auxquels s’exposent les candidats à l’immigration clandestine et l’emprise persistante des réseaux de trafic d’êtres humains, qui exploitent le désespoir de nombreux jeunes en quête d’un avenir meilleur.










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