La justice marocaine vient de clore à Tanger l’un des dossiers les plus sensibles de la criminalité organisée entre le Maroc et la France. La chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel de Tanger a condamné à 25 ans de prison ferme le Franco-Marocain Mohamed Hamid Bajjou, présenté par plusieurs médias français comme l’un des fugitifs les plus recherchés au monde.
L’affaire dépasse largement le cadre d’un simple dossier pénal. Elle s’inscrit dans une nouvelle forme de criminalité liée aux cryptomonnaies, appelée en France les « cryptorapts ». Ces opérations consistent à cibler des hommes d’affaires, investisseurs ou figures connues du secteur numérique, puis à exercer sur eux et leurs familles une pression extrême pour obtenir des rançons importantes en actifs numériques.
Selon les éléments rapportés, le nom de Bajjou aurait été associé à plusieurs affaires d’enlèvements, de séquestration, d’extorsion et de blanchiment d’argent. Parmi les dossiers les plus marquants figure l’enlèvement de David Balland, cofondateur de Ledger, société française spécialisée dans la sécurité des portefeuilles numériques. Cette affaire avait profondément choqué l’opinion publique française.
Arrêté à Tanger en juin 2025 lors d’une opération menée par la police judiciaire marocaine en coordination avec la DGST, l’accusé faisait l’objet d’une notice rouge d’Interpol à la demande des autorités françaises. Lors de la perquisition de l’appartement où il se cachait, les enquêteurs auraient découvert des armes blanches dissimulées.
Devant la justice, Mohamed Hamid Bajjou a nié les accusations, affirmant avoir quitté la France pour s’installer au Maroc et travailler dans l’agriculture. Mais le tribunal a finalement retenu la gravité des faits reprochés. Cette condamnation illustre la montée d’une criminalité transnationale sophistiquée, où violence, réseaux sociaux, messageries cryptées et argent numérique se croisent désormais dans des dossiers d’une extrême complexité.












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