Au changement de discours et de ton, le PJD d’Abdelilah Benkirane tente de se renouveler en misant sur de nouveaux visages qui feront leurs premiers pas en politique sous ses couleurs, dans l’espoir de permettre au parti, sévèrement sanctionné lors du dernier scrutin, de rebondir.
Près de 70 % des candidats qui se présenteront devant les électeurs lors des prochaines élections législatives de septembre ne sont pas des responsables du parti islamiste, mais des personnalités partageant ses convictions et ses orientations. La plupart sont de jeunes candidats, en nombre suffisant pour contribuer à donner une nouvelle image à la formation politique. Celle-ci continuera toutefois d’être dirigée par un leader au parcours déjà bien établi, qui a néanmoins annoncé son intention de ne pas briguer un nouveau mandat parlementaire.
Pour couvrir la centaine de circonscriptions visées, le parti affirme avoir eu recours à un processus interne fondé sur le vote démocratique et une sélection opérée selon des critères qu’il présente comme rigoureux et transparents. L’objectif affiché est de faire émerger une nouvelle génération de représentants à travers le Royaume. Parmi les figures historiques du parti, seuls quelques noms bien connus de la scène politique et rompus à l’exercice parlementaire tenteront une nouvelle fois leur chance, aux côtés de nombreux nouveaux venus. Une démarche qui rejoint celle observée dans plusieurs autres formations politiques, toutes soucieuses de séduire un électorat jeune et de faire face à la montée des candidatures indépendantes.
Quant au programme qu’il entend défendre, le PJD reste pour l’instant dans les grandes lignes, sans avancer de chiffres ni de mesures détaillées, préférant réserver ses annonces à la campagne électorale qui devrait s’intensifier au cours du mois de juin. Dans une approche plus discrète qu’à l’accoutumée, le parti islamiste semble privilégier la prudence, loin des discours offensifs qui ont longtemps marqué son identité. Une stratégie qui vise manifestement à reconquérir une partie des électeurs qui s’en sont éloignés après son passage au gouvernement, sans pour autant être parvenu à élargir significativement sa base électorale.
Par Jalil Nouri












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