Le secteur des auto-écoles au Maroc s’apprête à franchir une étape décisive dans sa modernisation. L’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) travaille actuellement sur une profonde révision du cahier des charges régissant cette activité, avec pour ambition d’améliorer la qualité de la formation des futurs conducteurs, de professionnaliser davantage les établissements et de renforcer la sécurité sur les routes.
Cette réforme, élaborée en concertation avec les représentants de la profession, a fait l’objet d’une réunion de coordination au cours de laquelle plusieurs mesures ont recueilli un large consensus. Certaines d’entre elles devront toutefois attendre l’adoption des textes réglementaires nécessaires avant leur entrée en vigueur.
L’un des changements les plus marquants concerne les conditions d’accès à la profession. Afin de garantir une meilleure solidité financière des exploitants et d’assainir le secteur, la caution provisoire exigée pour obtenir une autorisation d’ouverture passerait de 20.000 à 100.000 dirhams. La caution définitive, également fixée à 100.000 dirhams, devra être maintenue pendant une période de deux ans après l’obtention de l’agrément.
Le futur cahier des charges imposera également à chaque auto-école de posséder au moins deux véhicules légers en pleine propriété, mettant ainsi fin au recours aux voitures louées pour la formation. Les établissements devront en outre démontrer leur capacité financière, disposer d’un système informatique connecté aux plateformes de la NARSA et utiliser exclusivement des supports pédagogiques homologués. Le projet ouvre également la voie à l’utilisation de simulateurs de conduite, désormais considérés comme un outil complémentaire pour améliorer l’apprentissage des futurs conducteurs.
La réforme prévoit aussi une évolution du contenu pédagogique. Le nombre minimal d’heures consacrées à la formation théorique devrait passer de 20 à 30 heures, avec l’objectif de mieux préparer les candidats aux nouvelles exigences du permis de conduire et de renforcer leur maîtrise du Code de la route ainsi que des règles de sécurité routière. Dans le même esprit, le délai de dépôt des dossiers pour l’examen théorique serait porté de 20 à 30 jours, afin d’offrir aux candidats un temps de préparation plus conséquent.
Autre innovation majeure, le projet entend mieux protéger les élèves en cas de fermeture ou de cessation d’activité d’une auto-école. Un cadre juridique spécifique devrait être instauré afin d’assurer la continuité de leur formation et d’éviter que les candidats ne soient pénalisés par la disparition de leur établissement.
La modernisation passera également par la transformation numérique. La NARSA ambitionne de généraliser progressivement le dispositif « Smart Drive Test », une technologie reposant sur l’intelligence artificielle et des véhicules connectés pour évaluer les candidats lors de l’épreuve pratique. Ce système vise à limiter l’intervention humaine dans l’évaluation, à réduire les contestations et à garantir une appréciation plus objective, transparente et uniforme des compétences des futurs conducteurs.
Au-delà des aspects administratifs et techniques, cette réforme traduit la volonté des pouvoirs publics d’élever les standards de la formation à la conduite au Maroc. En professionnalisant davantage les auto-écoles, en renforçant les exigences imposées aux exploitants et en intégrant les nouvelles technologies dans le processus d’apprentissage et d’évaluation, la NARSA espère contribuer durablement à l’amélioration du comportement des conducteurs et à la réduction de l’accidentologie sur les routes du Royaume.












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