Créé à l’initiative de Donald Trump en janvier dernier, le Conseil pour la paix et la reconstruction de Gaza peine toujours à décoller. Malgré des promesses de financement se chiffrant en milliards de dollars, l’organisme est aujourd’hui confronté à des obstacles juridiques importants et ne dispose d’aucun financement officiel. Selon le Financial Times, qui révélait l’information mercredi dernier, « aucun mécanisme indépendant de transparence n’a été mis en place ».
Des difficultés juridiques et des caisses désespérément vides
Selon une source proche du dossier citée par l’AFP le 27 mai, le projet lancé par Donald Trump semble mal engagé. Présenté comme une structure destinée à accompagner la reconstruction de la bande de Gaza après la guerre, le Conseil n’aurait, à ce jour, reçu aucun financement officiel, malgré les ambitions affichées lors de sa création.
Cette même source précise que le fonds international destiné à financer la reconstruction de Gaza, administré par la Banque mondiale et approuvé par l’ONU, est réservé à la phase de reconstruction et de développement, laquelle n’a pas encore réellement commencé.
Faute d’accès à ce mécanisme, le Conseil aurait reçu quelques dons directement versés sur un compte ouvert auprès de la banque JPMorgan, selon son porte-parole cité par le Financial Times.
Un projet ambitieux mais peu attractif
Donald Trump avait imaginé cette structure comme un instrument majeur pour piloter la renaissance économique du territoire palestinien après le conflit entre Israël et le Hamas. Le modèle retenu prévoyait notamment un « ticket d’entrée » d’un milliard de dollars pour obtenir un siège permanent au sein du Conseil.
Cette formule a toutefois suscité peu d’enthousiasme. Plusieurs grandes puissances européennes ont préféré rester à l’écart d’un organisme jugé trop proche des alliés traditionnels de Washington et des soutiens idéologiques de Donald Trump. Le président indonésien, Prabowo Subianto, a récemment exclu toute participation financière à hauteur du milliard de dollars demandé.
Selon le Financial Times, seules quelques contributions modestes ont permis jusqu’à présent de financer certaines dépenses administratives, notamment le bureau du Haut représentant du Conseil, le diplomate bulgare Nikolaï Mladenov.
Des besoins colossaux pour Gaza
Les Émirats arabes unis ont annoncé une contribution de 100 millions de dollars destinée à la création d’une nouvelle force de police à Gaza, mais ces fonds demeurent actuellement gelés.
En avril dernier, l’ONU, l’Union européenne et la Banque mondiale avaient estimé à 71,4 milliards de dollars les besoins nécessaires à la reconstruction de Gaza sur les dix prochaines années.
Nikolaï Mladenov a récemment mis en garde contre le risque de voir le fragile cessez-le-feu actuel se transformer en une situation permanente, sans véritable solution politique. Plusieurs ONG internationales ont également alerté sur une situation humanitaire toujours catastrophique, soulignant l’écart considérable entre les engagements annoncés et leur concrétisation sur le terrain.
Enfin, les chiffres relatifs aux victimes méritent d’être vérifiés avec prudence, les estimations variant selon les sources et faisant l’objet de débats internationaux permanents.
Hafid Fassi Fihri
Avec AFP












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En attendant, des centaines de millions de dollars de dons ont été placés sur un compte de la JP Morgan. Si ce n’est pas du banditisme international, c’est quoi !?