La tension est montée d’un cran entre le ministère de la Justice et les avocats marocains. Réunie en session d’urgence à Rabat, l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) a décidé de passer à l’action en annonçant une grève générale d’une semaine, du 15 au 21 juin, marquant ainsi une nouvelle étape dans le conflit qui l’oppose au ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi.
Pour les représentants de la profession, les récentes déclarations du ministre devant la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme à la Chambre des conseillers ont constitué la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les avocats estiment que les propos tenus à leur encontre dépassent le cadre du débat institutionnel et portent atteinte à l’image de la profession ainsi qu’à ses institutions représentatives.
Face à ce qu’elle qualifie de campagne de dénigrement et d’accusations injustifiées, l’ABAM a choisi de suspendre l’ensemble des activités professionnelles durant une semaine. Une décision qui risque de perturber fortement le fonctionnement des juridictions à travers le Royaume et de ralentir le traitement de nombreux dossiers.
Au cœur de la discorde figure également la Mutuelle des barreaux du Maroc (MUPAM), que certains propos attribués au ministre auraient mise en cause. L’Association des barreaux défend vigoureusement cette institution sociale, rappelant qu’elle est soumise à des mécanismes de contrôle réglementaire et à la supervision de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS). Elle affirme en outre que les audits réalisés ont confirmé la conformité de sa gestion et la transparence de son fonctionnement.
Estimant que le dialogue avec le ministère est désormais dans l’impasse, les avocats entendent porter le dossier à un niveau supérieur. L’ABAM prévoit ainsi de saisir directement le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, afin de lui exposer ses préoccupations et dénoncer ce qu’elle considère comme une détérioration du climat de concertation.
Parallèlement, une communication conjointe entre l’ABAM et la MUPAM est annoncée pour répondre publiquement aux critiques formulées ces derniers jours. En maintenant son bureau exécutif en session permanente, l’Association des barreaux laisse entendre que d’autres formes de mobilisation pourraient suivre si aucune avancée n’est enregistrée dans les prochains jours. Le bras de fer entre les robes noires et le ministère de la Justice semble donc loin d’avoir livré son dernier épisode.












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