Bien qu’éloigné de la région du Golfe, qui vient de retrouver le chemin de la paix avec la signature, vendredi, d’un accord entre Téhéran et Washington, Rabat peut pousser un véritable ouf de soulagement pour ses alliés, qui viennent d’échapper aux pires scénarios pour leur stabilité.
Le Maroc aura également beaucoup à gagner sur le plan économique. En premier lieu, il pourra bénéficier d’un baril de pétrole moins cher et surtout plus facilement disponible. Le Royaume sera également dispensé d’une éventuelle intervention militaire si le conflit s’était aggravé, en vertu des accords qui le lient aux États du Golfe et à leur Conseil de coopération.
Il convient aussi de souligner qu’avec la levée du blocus du détroit d’Ormuz et la reprise de la navigation commerciale, il sera mis fin aux perturbations ayant affecté l’approvisionnement du Maroc en plusieurs produits stratégiques, y compris certains médicaments transitant par cette voie maritime essentielle.
Sur un autre registre, les tensions dans la région auront eu des conséquences importantes sur le secteur des phosphates. Le groupe OCP a été fortement impacté par les difficultés d’approvisionnement en intrants destinés à la fabrication des engrais, ce qui lui a occasionné des pertes financières significatives.
Dans le domaine aérien, la RAM pourra également reprendre ses dessertes dans des conditions normales et revoir les prévisions qui l’avaient conduite à réduire sensiblement certaines fréquences, y compris vers l’Afrique, au risque de perdre des parts de marché.
Les opérateurs touristiques ne seront pas en reste. Ils pourront retrouver davantage de visibilité et envisager le reste de l’année avec plus de sérénité. Les perspectives pour 2026 demeurent encourageantes, alors que la poursuite du conflit aurait pu assombrir considérablement la seconde moitié de la saison touristique. Une crise dont le secteur devra néanmoins tirer les enseignements nécessaires.
Reste toutefois une interrogation majeure : quel sera l’avenir de cet accord de paix dans la durée, une fois écoulée la période de 60 jours prévue pour la suspension des combats et la poursuite des négociations ? Le Maroc demeurera, entre-temps, vigilant et suivra de très près l’évolution de la situation afin de préserver ses intérêts ainsi que ses alliances géostratégiques.
Par Jalil Nouri












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