Longtemps omniprésente sur les plateaux de télévision algériens, l’avocate Algérienne Latifa Dib incarnait l’une des voix les plus virulentes contre le Maroc et l’une des plus ferventes défenseures du Front Polisario. Son parcours a pourtant connu un retournement aussi rapide qu’inattendu. Quelques mois seulement après avoir multiplié les interventions médiatiques en faveur de la thèse séparatiste, elle se retrouve aujourd’hui derrière les barreaux dans son propre pays.
L’affaire trouve son origine dans une visite effectuée à Tindouf à la tête d’une association féminine. À son retour, l’avocate a publié sur les réseaux sociaux plusieurs témoignages affirmant avoir été victime de mauvais traitements dans les camps, évoquant des pressions, une séquestration temporaire dans un hôtel et une expulsion orchestrée par des membres du Polisario. Des accusations particulièrement sensibles compte tenu du statut privilégié dont bénéficie le mouvement séparatiste au sein du système politique algérien.
Estimant ne pas avoir obtenu réparation, Latifa Dib a choisi d’interpeller publiquement les plus hautes autorités du pays, notamment le président Abdelmadjid Tebboune et le chef d’état-major de l’armée, Saïd Chengriha. Une démarche qui va rapidement provoquer une réaction des autorités.
Poursuivie pour des faits liés à la diffusion de contenus jugés attentatoires aux institutions de l’État et à l’intérêt national, elle a comparu devant la justice algérienne avant d’être condamnée à quatre années de prison ferme assorties d’une amende. Selon plusieurs médias, elle a également été radiée du barreau, mettant ainsi un terme brutal à sa carrière d’avocate.
Cette affaire suscite de nombreuses réactions dans les milieux politiques et médiatiques algériens. Certains observateurs y voient l’illustration des limites de la liberté d’expression lorsqu’il s’agit de sujets considérés comme stratégiques par le pouvoir. D’autres estiment que l’ancienne médiatique avocate a été victime du même système qu’elle défendait jusqu’alors avec vigueur.
Le parcours de Latifa Dib apparaît d’autant plus singulier que sa notoriété avait connu une ascension fulgurante ces dernières années. Devenue une intervenante régulière dans les médias, elle s’était imposée comme une figure médiatique influente, notamment à travers ses prises de position sur les affaires politiques et judiciaires sensibles.
Ironie de l’histoire, celle qui dénonçait régulièrement le Maroc et soutenait activement le Polisario affirme aujourd’hui avoir été confrontée à des abus au sein même des camps qu’elle défendait publiquement. Une situation qui alimente les débats sur les réalités de la gestion des camps de Tindouf et sur les tensions qui peuvent exister en coulisses.
Au-delà du cas personnel de Latifa Dib, cette affaire met en lumière les fractures, les contradictions et les sensibilités qui entourent le dossier du Sahara, un sujet qui demeure l’un des plus délicats de la région. Elle rappelle également qu’en politique comme dans les médias, les trajectoires les plus fulgurantes peuvent parfois déboucher sur les chutes les plus spectaculaires.












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