S’il est une question qui influera sur les élections législatives, c’est bel et bien celle des revendications sociales, parent pauvre du bilan du gouvernement sortant et de sa majorité, avec une première formation dans le viseur des électeurs : le RNI.
Souffre-douleur d’une partie de la classe ouvrière, qui a concentré ses critiques sur son leader, Aziz Akhannouch, ce parti sera sans doute le plus exposé lors du scrutin. Accusé par ses détracteurs d’avoir favorisé les plus aisés tout en aggravant les difficultés des catégories les plus modestes, il se voit par ailleurs privé du bénéfice politique de la généralisation de la couverture sociale, largement attribuée au Roi, véritable initiateur et garant de ce chantier structurant.
Au niveau de la santé, le constat pourrait également peser dans les urnes. Certes, les solutions apportées aux crises répétées des hôpitaux ont permis de réduire certains dysfonctionnements, mais les disparités territoriales demeurent importantes, notamment dans les régions qui souffrent toujours d’un manque criant d’infrastructures et de personnel médical.
Mais le boulet le plus lourd, et sans doute l’échec le plus retentissant que continuera à porter le parti à la tête du gouvernement, reste le chômage. Tout au long de ce mandat qui s’achève, le phénomène est demeuré préoccupant, avec un taux avoisinant les 13 %, touchant particulièrement les jeunes. Or, ces derniers pourraient être plus nombreux que par le passé à se rendre aux urnes pour exprimer leur mécontentement.
Les femmes, qui représentent plus de la moitié de la population, pourraient elles aussi peser dans le résultat final. Beaucoup estiment que la parité n’a pas été suffisamment respectée au sein de l’Exécutif, ce qui pourrait alimenter un vote-sanction si cette tendance venait à se confirmer.
Rarement des élections législatives auront été autant placées sous le signe des revendications sociales. Entre la stagnation des salaires, les inquiétudes entourant l’avenir des caisses de retraite, le vieillissement de la population et une inflation qui continue d’éroder le pouvoir d’achat, les préoccupations du quotidien devraient largement dominer les débats. À un peu plus de trois mois du scrutin, le climat social apparaît comme l’un des principaux facteurs susceptibles d’influencer le choix des électeurs.
Par Jalil Nouri












Contactez Nous