Du Maghreb jusqu’au Machrek, c’est l’incrédulité qui domine après la déroute infligée à l’Algérie par l’Argentine sur le score sévère de 3-0, lors de la Coupe du Monde 2026. Une humiliation rendue encore plus savoureuse par l’ironie du sort : le commentateur Hafid Derradji avait, quelques jours plus tôt, pronostiqué avec son aplomb habituel un score de 3-0 en faveur des Verts. La réalité du terrain s’est chargée de le contredire de la manière la plus cinglante qui soit, en lui renvoyant exactement le score inverse.
Habitué à un registre tonitruant et provocateur après chaque revers de sa sélection, Derradji a cette fois choisi un silence pour le moins suspect. Disparu, le fameux slogan « Rentrez en Algérie, on ne veut rien de vous » qu’il brandit pourtant systématiquement comme un réflexe pavlovien dès la moindre défaite. À la place, une publication étonnamment timorée, où il s’est contenté de reconnaître du bout des lèvres la supériorité argentine et la performance décisive de Lionel Messi, auteur d’un triplé retentissant, avant de tenter de relativiser en rappelant que la qualification restait théoriquement ouverte.
Ce contraste saute aux yeux pour quiconque suit l’historique de ce commentateur. Lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 organisée par le Maroc, Derradji n’avait eu de cesse de marteler un discours de victimisation permanente, multipliant les accusations de « Al Kawlassa » (manigances) pour préparer le terrain à toute défaite éventuelle de l’Algérie, quitte à empoisonner l’ambiance entre supporters arabes censés se retrouver autour des mêmes valeurs sportives. Un homme rompu à l’art de transformer chaque échec anticipé en complot extérieur, et chaque victoire en triomphe personnel.
Alors pourquoi ce silence aujourd’hui, après une défaite autrement plus sévère que celles qu’il commentait habituellement à grand renfort de polémiques ? Pourquoi ne pas avoir ressorti son slogan fétiche, lui qui ne s’est jamais privé de le faire dans des circonstances bien moins humiliantes ? La réponse semble couler de source : quand l’échec est aussi cuisant et aussi prévisible dans son retournement, même les maîtres de la victimisation savent parfois qu’il vaut mieux se taire que s’exposer au ridicule.












Contactez Nous