À l’heure des derniers préparatifs avant le départ, dont l’échéance semble désormais se compter sur les doigts d’une main, l’équipe du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, commence déjà à ranger les dossiers empilés dans les tiroirs et les placards, parallèlement au « nettoyage » des ordinateurs.
Selon de nombreux membres des cabinets ministériels, appelés à quitter leurs bureaux avant même leurs ministres, la recherche d’un nouvel emploi a déjà commencé. Convaincus que leurs patrons ne seront pas reconduits dans le prochain Exécutif, ils ont interprété l’annonce du retrait politique d’Akhannouch comme un signal clair sur la suite des événements : le futur gouvernement ne devrait pas être composé des mêmes hommes et femmes que ceux de l’équipe actuelle.
Les détenteurs actuels des portefeuilles ministériels pourraient ainsi quitter leurs fonctions sans véritable évaluation publique de leur action ni présentation détaillée de leur bilan devant le Parlement et l’opinion publique, comme cela se pratique pourtant dans de nombreuses démocraties.
Persuadé pendant longtemps que son mandat pourrait prendre fin avant son terme, notamment dans un contexte régional et international marqué par de fortes turbulences, Aziz Akhannouch nourrissait l’espoir d’un changement anticipé du calendrier politique. Mais cette perspective ne s’est finalement pas concrétisée.
Cette désillusion, peu commentée dans les médias mais largement évoquée dans certains cercles politiques, aurait contribué à installer un climat de doute au sein de son entourage, affectant les dernières semaines de l’équipe gouvernementale. À mesure que l’échéance approche, le sentiment dominant semble être celui d’une fin de cycle, avec toutes les interrogations que cela comporte sur l’héritage politique qui sera laissé derrière.
De fait, cette fin de mandat donne l’impression d’une majorité qui peine à afficher une cohésion de façade. Les divergences entre les différentes composantes de la coalition apparaissent de plus en plus visibles. Plus surprenant encore, les réunions de coordination entre les chefs des partis de la majorité se font rares, laissant place à une forme de dispersion où chaque formation semble désormais privilégier ses propres intérêts à l’approche des prochaines échéances électorales.
Par Jalil Nouri












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