Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé ce lundi sa démission de la tête du Parti travailliste, moins de 2 ans après son entrée en fonctions, au terme d’une mandature marquée par des revers politiques successifs et une cote de popularité particulièrement basse. « Chaque décision que j’ai prise avait pour objectif de placer en premier le pays que j’aime. C’est pourquoi je démissionne de la direction du Parti travailliste », a-t-il déclaré depuis le perron du 10 Downing Street.
Starmer a précisé que le processus de désignation d’un nouveau leader travailliste débutera en juillet, et qu’il restera en poste jusqu’à ce que son successeur soit choisi, avec une prise de fonction prévue avant le retour du Parlement de vacances en septembre. Il a également assuré qu’il apportera « un soutien complet et sans ambiguïté » à son successeur, tout en affirmant que le Royaume-Uni qu’il transmettra sera « bien plus fort et plus juste » que celui dont il avait hérité il y a 2 ans.
Pourtant, jusqu’à la fin de la semaine dernière, Starmer continuait d’affirmer publiquement sa volonté de rester en poste malgré les appels croissants à la démission. Cette position, maintenue pendant des mois face à plusieurs scandales et démissions retentissantes au sein du gouvernement, a finalement cédé sous la pression accumulée. Parmi les épisodes les plus dommageables, la nomination controversée de Peter Mandelson comme ambassadeur au États-Unis, dont les liens avec le condamné américain Jeffrey Epstein avaient déclenché une véritable tempête politique, avait failli lui être fatale dès le mois de mars.
Sur le plan politique, Starmer a également peiné à endiguer la montée fulgurante du parti d’extrême droite Reform UK, qui a infligé une défaite cinglante aux travaillistes lors des élections locales de mars. Son bilan reste néanmoins contrasté : c’est lui qui avait réussi à repositionner le Parti travailliste pour lui permettre de remporter une victoire écrasante en 2024, mettant fin à 14 ans de domination conservatrice.
Le Royaume-Uni s’apprête désormais à nommer son 7e Premier ministre en l’espace d’une décennie, une instabilité chronique qui coïncide avec le 10e anniversaire du référendum sur le Brexit, cet événement fondateur qui avait lancé cette succession inédite de dirigeants. Andy Burnham, principal rival de Starmer au sein du parti, vient quant à lui de faire son retour au Parlement après sa victoire lors d’une élection partielle jeudi dernier, se positionnant ainsi comme l’un des favoris pour succéder à la tête des travaillistes.












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