À l’approche des élections législatives de septembre 2026, la question de la participation politique des Marocains résidant à l’étranger (MRE) revient avec force dans le débat public. Alors que la diaspora marocaine représente plusieurs millions de citoyens établis aux quatre coins du monde et contribue chaque année de manière significative à l’économie nationale, son implication dans les institutions représentatives demeure limitée.
Dans une analyse consacrée à cette question, le politologue marocain Dr Redouane Kadiri, spécialiste des politiques générales européennes, estime que le moment est venu d’accorder à la diaspora la place qui lui revient dans le paysage politique national.
Selon lui, les Marocains du monde ne peuvent plus être perçus uniquement comme une source de transferts financiers ou comme un relais économique du Royaume. « Ils constituent également une richesse humaine, intellectuelle et stratégique capable d’apporter une réelle valeur ajoutée à la gouvernance et à la prise de décision publique », souligne-t-il.
Pour le Dr Kadiri, l’enjeu dépasse largement le simple cadre électoral. Il s’agit d’une question de cohérence démocratique et d’équité citoyenne. Les MRE participent activement au rayonnement du Maroc à l’international, investissent dans leur pays d’origine et demeurent profondément attachés à leur identité nationale. Dès lors, leur permettre de participer pleinement à la vie politique apparaît comme une évolution naturelle du processus démocratique.
Le politologue rappelle également que plusieurs pays ont déjà mis en place des dispositifs permettant à leurs ressortissants établis à l’étranger de disposer de représentants dédiés au sein des assemblées parlementaires. Une expérience dont le Maroc pourrait s’inspirer afin de renforcer les liens entre la nation et sa communauté expatriée.
À quelques mois du scrutin, cette réflexion prend une dimension particulière. Les partis politiques multiplient les appels du pied à l’égard des compétences marocaines installées en Europe, en Amérique du Nord ou dans les pays du Golfe. Pourtant, au-delà des discours, les mécanismes de représentation restent encore au cœur des attentes.
Pour le Dr Redouane Kadiri, les élections de 2026 constituent une occasion historique de franchir un nouveau cap démocratique. Une meilleure intégration politique des Marocains du monde permettrait non seulement d’enrichir le débat national, mais aussi de renforcer davantage le sentiment d’appartenance à une même communauté de destin, au-delà des frontières.
Alors que la campagne électorale s’annonce intense, la question de la diaspora pourrait bien s’imposer comme l’un des grands enjeux institutionnels de cette échéance décisive.
Par M. Rouane












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