La récente nomination d’un nouveau directeur général à la tête de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), établissement relevant du ministère français des Affaires étrangères, en la personne du diplomate de carrière Alexandre Morois, est perçue comme un signal encourageant susceptible de remettre de l’ordre au sein d’une institution fortement critiquée et plongée dans une crise profonde depuis plusieurs années.
Le principal atout du nouveau responsable réside dans sa parfaite connaissance du dossier. Avant sa nomination, il siégeait déjà au conseil d’administration de l’AEFE, une agence éclaboussée par plusieurs polémiques liées à sa gestion et confrontée à de vives tensions avec les associations de parents d’élèves. Ces dernières dénoncent depuis longtemps les hausses répétées, jugées excessives, des frais de scolarité dans l’ensemble du réseau, mais également certains aspects de la réforme pédagogique, auxquels s’ajoute une baisse du niveau de recrutement d’une partie des enseignants.
Le nouveau directeur général devrait consacrer ses premières visites aux établissements français à l’étranger afin de prendre contact avec leurs responsables, les équipes administratives et pédagogiques, mais surtout avec les représentants des associations de parents d’élèves. Ces derniers ont été à l’avant-garde de la contestation, dénonçant les dysfonctionnements de l’Agence et affichant un front commun face à une gouvernance qu’ils estiment déconnectée de leurs préoccupations.
Au Maroc, cette mobilisation a pris une ampleur particulière. Très largement médiatisée, elle a conduit les autorités françaises à dépêcher une mission d’information du Sénat afin d’évaluer sur le terrain les difficultés rencontrées par les établissements du réseau AEFE et de mieux cerner les revendications des familles.
Un point continue toutefois de susciter des interrogations. Dans ses premières déclarations, Alexandre Morois a affirmé sa volonté de trouver des solutions durables à cette crise, tout en confirmant son intention de poursuivre la réforme engagée par l’AEFE. Or, plusieurs volets de cette réforme figurent précisément parmi les principales sources de conflit avec les associations de parents d’élèves, qui restent mobilisées et attendent désormais des actes concrets plutôt que de simples déclarations d’intention.
Par Jalil Nouri












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