À la veille de la grande explication entre l’Espagne et l’Argentine, le Mondial 2026 peut déjà être regardé comme un tournoi de tous les superlatifs. Première Coupe du monde organisée conjointement par trois pays, les États-Unis, le Canada et le Mexique, elle a réuni 48 sélections et étendu la compétition sur quatre fuseaux horaires. Une démesure qui a offert davantage de place aux nations émergentes, mais qui a également mis les organismes et la logistique à rude épreuve.
Le premier point positif reste le spectacle sportif. Les favoris n’ont pas tous répondu présent, donnant au tournoi ce parfum d’imprévisibilité qui fait la beauté du football. La Norvège a renversé le Brésil, le Paraguay a éliminé l’Allemagne et le Cap-Vert a quitté la compétition la tête haute après avoir fait trembler l’Argentine. Ces parcours ont démontré que l’élargissement à 48 équipes n’était pas uniquement une opération quantitative. Une partie du public a d’ailleurs accueilli favorablement ce nouveau format.
Le Maroc mérite également un hommage appuyé. Après avoir écarté les Pays-Bas puis dominé le Canada, les Lions de l’Atlas ont atteint les quarts de finale avant de tomber face à la France. Sans reproduire l’épopée de 2022, ils ont confirmé que leur présence parmi les meilleures nations du monde ne relève plus de l’accident.
Le succès populaire est incontestable : la FIFA évoque environ 6,7 millions de spectateurs, des audiences télévisées importantes et un tournoi globalement maîtrisé sur le plan sécuritaire. Les supporters venus des quatre coins du monde ont apporté aux villes hôtes cette diversité et cette ferveur qui demeurent la véritable richesse d’une Coupe du monde.
Mais cette édition laissera aussi quelques réserves. Les longues distances, les déplacements aériens répétés, la chaleur et les pauses d’hydratation ont parfois cassé le rythme des rencontres. L’immensité du territoire a également rendu le tournoi coûteux et difficilement accessible pour de nombreux supporters.
La critique la plus forte concerne toutefois la commercialisation excessive de l’événement. Billetterie onéreuse, expériences payantes, publicité omniprésente et multiplication des produits dérivés : la FIFA a transformé presque chaque instant en source de revenus. L’instance prévoitait des recettes proches de neuf milliards de dollars, dont plus de trois milliards provenant des billets.
Ce Mondial restera donc comme une réussite populaire et sportive, mais aussi comme le symbole d’un football devenu gigantesque, séduisant et universel, tout en étant de moins en moins abordable. Dimanche, l’Espagne et l’Argentine désigneront le champion. Le débat sur l’avenir de la Coupe du monde, lui, ne s’arrêtera pas au coup de sifflet final.












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