La récente visite du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, en Algérie, après quatre années de brouille diplomatique provoquée par son soutien au plan d’autonomie marocain pour le Sahara, a été perçue comme une démonstration de constance de Madrid sur ce dossier sensible.
Les médias marocains n’ont malheureusement pas suffisamment mesuré l’importance de cette visite, au cours de laquelle Pedro Sánchez n’a pas infléchi sa position. Lors de ses entretiens avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune, ce dernier serait revenu à plusieurs reprises sur la question du Sahara, dans l’espoir d’obtenir une évolution de la position espagnole, alors même que de nombreux chefs d’entreprise espagnols accompagnaient la délégation pour explorer des opportunités économiques et de nouveaux marchés.
Resté droit dans ses bottes malgré les pressions diplomatiques, le chef du gouvernement espagnol a réaffirmé la position officielle de son pays en faveur d’une solution qu’il juge sérieuse, crédible et réaliste. Il a également rappelé les liens historiques qui unissent le Maroc et l’Espagne ainsi que l’importance de préserver la stabilité et la coopération entre les deux rives de la Méditerranée.
Constatant que son interlocuteur ne déviait pas de sa ligne, le président algérien a finalement élargi les discussions à la nécessité de poursuivre les efforts diplomatiques en vue de parvenir à un règlement durable de ce différend régional, tout en maintenant les positions défendues par son pays.
Au risque de compromettre certains contrats potentiellement lucratifs pour les entreprises espagnoles en Algérie, Pedro Sánchez est rentré à Madrid après cette courte visite avec le sentiment d’être resté fidèle à la ligne diplomatique adoptée par son gouvernement depuis son revirement de 2022 sur la question du Sahara marocain.
Par Jalil Nouri












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