Les partis politiques engagés dans les élections législatives du mois prochain pourraient payer un lourd tribut à leur manque de réactivité face à l’arrivée de dizaines de milliers de candidats à l’immigration clandestine aux abords de l’enclave espagnole de Ceuta.
Dans l’attente d’une réaction du gouvernement, qui ne viendra que plusieurs jours plus tard, et faute d’informations crédibles provenant de sources officielles, la grande majorité des formations politiques ont été prises de court par l’ampleur des événements. Déstabilisées, elles ont observé une période d’hésitation, ne sachant quelle position adopter de peur de commettre un faux pas. Ce n’est que par la suite que des communiqués, souvent divergents dans leur analyse, ont été publiés. Tous avaient néanmoins un point commun : imputer la responsabilité de cette tragédie humaine à « un gouvernement incapable d’apporter des réponses efficaces au chômage, à la précarité et au désespoir d’une partie de la jeunesse », un discours devenu récurrent dans le débat politique.
Cette crise intervient pourtant à un moment particulièrement délicat. Ces élections étaient présentées comme celles du rapprochement entre les partis et les jeunes, grâce notamment à un financement public destiné à encourager la participation des nouvelles générations, à une forte présence sur les réseaux sociaux et à une communication modernisée censée convaincre les primo-votants de s’engager dans la vie démocratique.
La réponse d’une partie de cette jeunesse a toutefois pris une forme inattendue : une ruée massive vers l’enclave de Ceuta, dans l’espoir d’un avenir meilleur de l’autre côté de la frontière. Les images de ces milliers de jeunes, mais aussi de familles, confrontés aux forces de l’ordre, ont profondément marqué l’opinion publique et relégué au second plan les discours de campagne.
Cette séquence pourrait peser lourdement sur le scrutin. Au-delà du taux de participation, plusieurs observateurs s’interrogent sur la possibilité d’un vote-sanction ou, à l’inverse, d’une abstention encore plus forte chez les jeunes, traduisant leur désillusion à l’égard de la classe politique. Si tel était le cas, le fossé qui sépare déjà une partie de la jeunesse des institutions représentatives risquerait de se creuser davantage.
À quelques semaines d’un scrutin que les autorités souhaitent exemplaire par son organisation et sa participation, cette crise migratoire rappelle brutalement que les préoccupations économiques et sociales demeurent au cœur des attentes d’une génération en quête de perspectives. Les élections de 2026 devaient marquer un renouveau de la vie politique marocaine ; elles pourraient finalement être jugées à l’aune de la capacité des acteurs politiques à répondre aux aspirations de cette jeunesse.
Par Jalil Nouri












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Les élections doivent être reporté vu la catastrophe de l invasion de Ceuta, Mellila et la centaine de morts. L image de l ensemble des Marocains et gouvernement actuel est sali dans le monde entier. La politique du Maroc doit être revu de A a Z avant d autres catastrophes.