Une étude récemment menée afin de mesurer les intentions de participation aux élections législatives du 23 septembre prochain s’est intéressée aux jeunes, à travers un échantillon de 3 000 personnes âgées de 18 à 35 ans. L’objectif était de répondre à une double question : comptent-ils voter et quel regard portent-ils sur ce scrutin ainsi que sur les partis politiques ?
Les résultats se sont révélés particulièrement éloquents. À la question de savoir s’ils participeraient aux élections, près d’un jeune sur cinq a répondu de manière catégorique qu’il s’abstiendrait de voter. Interrogés sur la présence plus importante de jeunes candidats lors de ce scrutin, la majorité des personnes sondées a estimé que, dans le meilleur des cas, ces nouveaux élus ne parviendraient pas à faire entendre leur voix au Parlement. Selon elles, ces candidats resteront soumis aux consignes de leurs partis et leur présence relèvera davantage d’une représentation symbolique que d’une réelle capacité d’influence.
Cette enquête a toutefois été réalisée avant les événements de Ceuta et Melilla. Elle ne prend donc pas en considération la colère et la profonde déception des milliers de jeunes qui ont tenté de franchir les frontières avant d’être refoulés sans ménagement des deux enclaves. Depuis ces événements, largement relayés par les médias internationaux et les réseaux sociaux, un mouvement appelant au boycott des élections ne cesse de prendre de l’ampleur. Ce courant a même été alimenté par des parties hostiles au Maroc qui, selon plusieurs observations, avaient contribué à encourager des jeunes à se rendre vers les deux enclaves en leur faisant croire, à tort, que les frontières allaient être ouvertes, accentuant ainsi leur désillusion.
La responsabilité de cette probable désaffection des jeunes envers les urnes incombera également, dans une large mesure, aux partis politiques. Beaucoup d’entre eux n’ont pas suffisamment participé aux campagnes de sensibilisation destinées à encourager la jeunesse à exercer son droit de vote, préférant concentrer leurs efforts sur le financement de leurs campagnes électorales et leurs activités partisanes, alors même que l’État comptait sur leur engagement pour mobiliser cette frange essentielle de l’électorat.
Par Jalil Nouri












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