Rebondissement spectaculaire dans la longue bataille de succession à la tête de la Zaouia Kadiria Boutchichia que l’on croyait finie avec la nomination de son nouveau guide spirituel, Mouad Boutchichi, après le décès de son père, Cheikh Jamal Eddine, il y a tout juste un an, emporté par la maladie pour laisser la confrérie orpheline de leader.
S’en est suivi, dans la douleur, un arbitrage royal pour garder l’unité et l’unicité de ce mouvement soufi marocain connu à l’échelon mondial pour les principes et valeurs défendus et enseignés, qui a abouti à l’adoption de l’actuel patron de la Zaouia, Mouâad Boutchichi, dont le mandat consensuel vient tout juste de boucler sa première année. Mais une grande surprise attendait les participants à un récent rassemblement commémorant, dans une retraite de la confrérie, ce premier anniversaire sans éclat.
Cette occasion a été choisie comme un moment troublant et tout à fait inédit quand la veuve du défunt guide précédent, Jamal Eddine, en dévoilant étrangement, un an après sa disparition, un testament spirituel écrit de sa propre main et lucidement, a-t-elle précisé devant l’assistance, en disposant de toutes ses facultés malgré la maladie, pour confier la succession à son fils, Mounir, pour, selon elle, « être porteur du secret de la Tariqua (Voie) Boutchichia et comme dépositaire et continuateur de l’éducation spirituelle parmi la confrérie et ses fidèles » ballottés par ce conflit familial.
Le document de cette succession, attesté par un acte notarié, a pris de court celle-ci et relancé le débat, ouvrant le chemin d’un autre recours définitif, alors que le nouveau guide Mounir, un fin communicateur, a pris ses fonctions devant une assistance convaincue de cette nouvelle donne qui ne signifie pas pour autant la fin de l’histoire.
Par Jalil Nouri












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