Viendront ou ne viendront pas ? Telle est la question qui domine dans le nord du Maroc, où la ville de Fnideq, proche de la frontière fermée avec l’enclave espagnole de Ceuta, ainsi que tous les axes y menant, sont au centre d’un déploiement de forces de sécurité sans précédent. Objet de ce tour de vis : prévenir un nouvel assaut de migrants illégaux.
Si l’Espagne a envoyé, en prévision de cette date critique de la nuit de vendredi à samedi, des renforts importants dans une enclave traumatisée par la précédente arrivée inattendue de 70 000 candidats marocains à l’immigration forcée en Europe, le Maroc en a fait de même en décrétant l’alerte générale dans cette région où séjourne le Roi.
Bien qu’aucune réunion de coordination de très haut niveau sécuritaire ne se soit tenue dans l’une ou l’autre des deux capitales pour affiner les stratégies communes pour prévenir et contenir de tels assauts au lourd bilan et ayant atteint des niveaux d’extrême gravité pour le voisinage liant les deux pays, ce manque physique de coordination extrême ne parvient pas à masquer les divergences entre les responsables sur une approche commune revisitée et sur la révision des moyens.
À la hausse, s’entend, des moyens mis à la disposition du Maroc par l’Union européenne pour participer à la lutte efficace contre l’immigration clandestine dans cette partie d’Afrique du Nord, devenue un point focal de par la proximité unique entre les deux royaumes, Maroc et Espagne. Ces moyens n’ont pas été réexaminés au vu de cette pression accrue et des tentatives forcées de passages en masse, difficiles à bloquer et à anticiper en raison du fort impact des réseaux sociaux servant de relais aux appels des trafiquants d’êtres humains et de mercenaires de la désinformation.
Cette coopération nécessite également une approche multidimensionnée, car l’enjeu dépasse le caractère sécuritaire en englobant d’autres paramètres comme la criminalité cybernétique, la justice, les cadres juridiques à réviser et la coordination de tous les instants, avec franchise et préservation des équilibres dans les relations.
Par Jalil Nouri












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