Venu vanter les réalisations de son gouvernement au profit des populations du Haouz, dans le cadre d’une campagne préélectorale anticipée, le chef du gouvernement et ex-leader du RNI, où il reste actif en vue des prochaines élections, ne s’attendait certainement pas à un accueil aussi glacial.
Malgré les préparatifs des élus locaux de son parti pour assurer la réussite de ce meeting organisé en sa présence, la rencontre a rapidement tourné au vinaigre. Brouhaha, coups de sifflet et slogans en dialecte local ont accompagné plusieurs passages de son intervention, notamment lorsqu’il énumérait les réalisations accomplies dans la région, présentées comme autant de succès à mettre au crédit de sa formation politique.
Cette insistance a poussé une partie du public à l’interrompre pour lui rappeler que, trois ans après le séisme ayant frappé la région, quelque 70 familles dormiraient toujours à la belle étoile et vivraient dans un dénuement total. Des contradictions qui ont visiblement agacé l’orateur.
Plus encore, plusieurs contradicteurs, dont la présence ne semblait guère souhaitée par les organisateurs du meeting, ont contesté le bilan présenté. Ils ont notamment affirmé que certains services récemment annoncés comme réactivés dans des centres de santé et des établissements scolaires seraient toujours à l’arrêt, faute de personnel ou de responsables. Ils ont également dénoncé le retard de plusieurs chantiers d’infrastructures jugés indispensables, venant ainsi ternir le tableau flatteur dressé par Aziz Akhannouch.
Ce qui s’est produit dans la province d’Al Haouz pourrait ainsi constituer un aperçu de l’érosion de la popularité du chef du gouvernement. Dans les meetings de sa formation, il doit désormais composer avec la colère de citoyens confrontés aux difficultés du quotidien et qui viennent lui signifier, parfois bruyamment, que les lauriers tressés à l’action de son gouvernement sont, à leurs yeux, loin d’être mérités.
Pour eux, avec Akhannouch et le RNI, ni le bilan du passé, ni la réalité du présent, ni les perspectives d’avenir ne semblent aussi roses que le discours voudrait le faire croire.
Par Jalil Nouri



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