La crise entre les avocats et le gouvernement marocain est loin de s’apaiser. Au contraire, les barreaux semblent désormais déterminés à maintenir la pression et à inscrire leur mouvement de protestation dans la durée.
Réuni lundi 18 août à Rabat, le Bureau de l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) a décidé de poursuivre l’arrêt total des prestations professionnelles, y compris celles liées à l’aide juridictionnelle. Une décision lourde de conséquences pour le fonctionnement des tribunaux et, surtout, pour les justiciables confrontés au report de leurs dossiers.
Au cœur de cette confrontation figure toujours le projet de loi n°66.23 réformant la profession d’avocat. Le texte prévoit notamment de nouvelles règles concernant l’accès et la formation, la discipline, la gouvernance des barreaux ou encore le contrôle des fonds manipulés par les avocats.
Mais pour les représentants de la profession, le différend dépasse désormais largement le contenu de quelques articles. L’ABAM reproche au gouvernement de ne pas avoir instauré une véritable démarche participative et estime que certains engagements pris au cours des discussions n’ont pas été respectés. Les barreaux considèrent également que plusieurs dispositions sont susceptibles de porter atteinte à l’indépendance de la profession.
La saisine de la Cour constitutionnelle n’a pas davantage permis d’apaiser les tensions. L’Association des barreaux conteste la manière dont cette procédure a été engagée et estime que le problème fondamental demeure avant tout celui du dialogue entre le gouvernement et les professionnels.
L’épreuve de force risque donc de se prolonger. Et plus elle dure, plus ses conséquences dépassent le seul conflit opposant les robes noires au ministère de la Justice. Des audiences sont perturbées et le fonctionnement normal des juridictions se trouve affecté.
La question devient dès lors urgente : jusqu’où ira ce bras de fer ? Les avocats préviennent qu’ils sont prêts à durcir encore leur mobilisation, tandis qu’aucune véritable sortie de crise ne semble, pour l’heure, se dessiner.
À défaut d’une reprise du dialogue et d’un compromis sur les dispositions les plus contestées, c’est désormais le fonctionnement même de la justice qui risque de payer le prix de cette confrontation.



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