Handicapé pour ces élections législatives par deux données nouvelles et essentielles par rapport au dernier scrutin de 2021, d’un côté le fait d’être l’auteur d’un bilan qui reste relativement mitigé et, d’autre part, le fait d’être abandonné en cours de route par son leader Akhannouch, malgré son maintien sur la scène politique de manière symbolique, le RNI aborde, cinq ans après sa victoire au scrutin précédent, cette nouvelle échéance en challenger de son rival, le PAM.
Notons tout d’abord, avant d’entrer dans le vif du sujet, que la formation qui a dirigé le gouvernement sortant n’a pas mis autant d’entrain et de communication dans la présentation d’un programme toujours aussi ambitieux que le précédent, avec des priorités et des objectifs identiques, pour lequel la formation a choisi le titre générique : « 3 engagements, 12 mesures ».
Déclinés comme suit : le RNI promet tout d’abord la protection du pouvoir d’achat des citoyens, sachant que la vie n’a jamais été aussi chère que sous son mandat et que l’envolée des prix et de l’inflation a été particulièrement assommante. L’histoire le retiendra.
Comme second engagement, le RNI s’engage à renforcer la résilience des territoires, alors que ce n’est pas son idée puisque l’initiative est celle du Roi, qui veillera personnellement à son application réelle.
Enfin, troisième engagement : réussir l’inclusion sociale et l’emploi, là où, malheureusement, la formation d’Akhannouch n’a rien pu faire pendant cinq ans en matière d’emploi des jeunes et de leur formation, surtout parmi les populations géographiquement éloignées, plus enclines à l’exode rural.
Sur les 12 mesures phares du programme, l’indexation des aides sur l’inflation semble toujours vaine pour combattre la pauvreté et les effets d’un Maroc à deux vitesses, pour ne pas dire trois. L’augmentation des SMIG, SMAG et pensions de retraite est à prendre avec des pincettes, tout comme les aides, insignifiantes comme toutes les autres, à la scolarité, et le projet de faire produire par les habitants leur énergie.
Quant aux réformes des systèmes de santé, d’éducation et de rationalisation de l’administration et des services publics, elles peuvent attendre des précisions qui pourraient ne pas venir.
Dans ce programme, la formation fait l’impasse sur les dangers des changements climatiques qui peuvent sévir à tout moment, sans jamais aborder, l’on peut deviner pourquoi, les raisons qui ont amené les distributeurs de carburants à ne s’être jamais autant enrichis en s’attaquant au pouvoir d’achat des consommateurs.
Le programme du RNI reste donc un document vague, à la limite du réalisable, sans grande nouveauté malgré l’expérience acquise pendant cinq années à la tête du gouvernement.
Par Jalil Nouri












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